•    Je me nomme Mitsuki Sakura et j'ai 16 ans depuis peu. J'ai un certain penchant pour arriver en retard en cours. C'est d'ailleurs le cas aujourd'hui. Je cours dans les rues pour arriver jusqu'à mon lycée. Il n'est pas si loin de chez moi mais je me réveille tous les jours en retard. 

        Cependant, pour une fois, je réussie à arriver juste à l'heure. Le juste n'est pas de trop car, en fait, pour tout dire, le professeur est entré dans la salle environ une seconde après mon arrivé.

    "Je vais faire l'appel à présent", nous dit-il à  peine rentré. 

    Je me félicite intérieurement de ne pas être comme d'ordinaire en retard parce qu'à chaque fois, je finis dans le bureau du CPE me grondant et me sermonnant sur la ponctualité. A part cela, je n'ai aucun soucis à l'école. Je suis une élève moyenne qui n'a pas à se plaindre de ses notes. 

    "Ishou Shido?"

    Le professeur répéta ce nom une ou deux fois avant de marquer ce garçon absent. Je grimace. Avant, Shido était un de mes amis. Pour tout dire, on est ami d'enfance. Cependant, il avait déménagé dans une autre ville plus au Nord l'année de nos 10 ans. Puis, cette année, en voyant la liste des élèves de ma classe, 6 ans après son départ, j'ai appris qu'il était de retour et, qu'en plus, nous étions dans la même classe. Heureuse, je pensais retrouvé mon ami de toujours, mais il avait bien changé. 

    Une dizaine de minutes après le début du cours, un garçon brun aux yeux sombres entre dans la classe sans frapper. Tous le regardent, moi y compris. Le professeur se tourne vers le retardataire.

    "Monsieur Ishou, vous nous faites enfin l'honneur de votre présence."

    On voit bien que le prof est en colère devant l'indifférence qu'il provoque sur Shido. Ce dernier en jette pas un regard au professeur et se dirige lentement et silencieusement jusqu'à sa place. 

    La cloche sonne la fin du cours et la salle se vide en vitesse. Du coin de l'oeil, je regarde Shido. Il n'est plus le garçon que j'ai connu. C'est devenu un étranger pour moi. Parfois, il m'arrive de me demander s'il se souvient de moi ce que je doute fort. Shido est un élève solitaire mais dont les notes sont excellentes. Il reste souvent seul en dehors des cours mais cela n'a pas l'air de le déranger. En fait, il s'est forgé depuis le début de l'année un petit groupe d'ami. 

    Il ne faut pas imaginer que je craque pour lui! Si je sais tout ça, c'est d'une part car nous étions amis et que même si nous sommes maintenant des étranger l'un pour l'autre, les souvenirs que j'ai de lui sont fort alors forcément, je le surveille un peu. Juste un peu qu'on soit bien clair. D'autre part, il est populaire alors pratiquement tout le lycée est au courant de ses agissements. Je me demandais ce qu'il faisait après les cours car il rentrait toujours directement chez lui. 

    Je suis curieuse par nature alors son comportement m'intrigue. Même s'il n'était pas une vieille connaissance, j'aurais été attiré par ce comportement que je juge suspect.  C'est donc tout naturellement que j'ai décidé de le suivre un soir. Avec discrétion bien entendu.

     

    Je m'applique à laisser une certaine distance entre nous. Je ne dois surtout pas me faire repérer, cela serait fort regrettable et je ne serait pas quoi inventer comme justification pour qu'il ne me prenne pas pour une folle. Shido semble soucieux et regarde toujours en arrière comme s'il craignait d'être suivi ce qui, aujourd'hui en l’occurrence, est le cas. Je souris à chaque fois qu'il se retourne sans me remarquer. 

    Nous arrivons aux extrémités de la ville. Le panneau indiquant que nous sortons de l'agglomération est d'ailleurs visible.  Mais où va-t-il ? Je me le demande bien... 

    "Sors de ta cachette Sakura. Si tu crois que je ne t'ai pas vu, tu te trompes lourdement, grogna-t-il.

    Je juge inutile de rester derrière mon poteau. Il m'avait repéré en réalité... et moi qui pensait que j'était discrète! 

    -Tu peux m'appeler par mon prénom tu sais..., dis-je ne allant vers lui.

    -Rentres chez toi."

    C'était un ordre qui ne donnait pas lieu à une quelconque protestation. J'hésite un instant. 

    "Tout de suite", ajoute-t-il.

    Je tourne les talons pour prendre le chemin qui me ramène chez moi. Je n'habite pas trop loin d'ici, cinq minutes à pied peut-être ou un peu moins. 

     

    Dans le ciel, la Lune est visible car le ciel est sans nuage. Je regarde le satellite de notre planète. Je crois que je préfère la Lune au Soleil. Elle brille moins mais franchement, elle me paraît plus douce, plus rassurante puisqu'elle brille dans le ciel obscur. Je soupire. Je suis certaine que Shido Ishou cache quelque chose. A présent, je suis déterminée à savoir quoi.

    Il ne m'adresse pas la parole les jours qui suivent. Cela n'est pas spécialement étonnant puisqu'on ne se parlait pas avant. Mais il me regarde. Et ce regard en question, ce n'est pas un regard tendre ni amical. J'ai l'impression qu'il m'en veut mais je ne sais pas du tout pourquoi. C'est d’ailleurs bien là mon plus gros soucis. Je ne vois pas ce que je devrais me reprocher. Peut-être est-il irrité que j'ai tenté de savoir où il habite. Après tout, à ma connaissance, en tout cas, personne n'est jamais allé chez lui, même pas ses meilleurs amis. Je suis décidée à le suivre à nouveau, et cette fois, je découvrirai ce qu'il cache car, oui, il cache forcément quelque chose. 

    Je prend plus de précaution pour ma seconde filature. Mais, sans que je comprenne comment, Shido me remarque encore. Cependant, il semble de moins bonne humeur que l'autre fois.

    "Sakura, je te conseilles vivement d'arrêter ton cirque et de déguerpir en vitesse avant que ma patience n’atteigne ses limites.  

    -Je n'ai pas à t'obéir Ishou.

    -Je peux également porter plainte pour harcèlement!

    -Mais je ne te harcèle pas!

    Un sourire inquiétant, presque mauvais, se dessine sur le visage de Shido.

    -Non, tu me suit partout et tu veux me faire croire que cela n'est pas de ça? "

    Je me mord la lèvre en sachant qu'il a raison. Je ne veux pas d'ennuis. Pour une fois, je dois mettre ma curiosité de côté et me rendre à l'évidence: cela ne sert à rien que j'essaye de le suivre, il me remarque toujours. Je rentre donc une nouvelle fois chez moi piteusement.  

    Je veux absolument savoir ce qu'il cache... Pourquoi? Je m'en fiche qu'il cache un truc idiot comme une passion secrète pour les plantes qu'on trouve dans la forêt mais je veux savoir! 

     

    La nuit est tombée depuis un petit moment déjà. Je sors en douce de chez moi par la fenêtre de ma chambre. Que se trouve-t-il dans cette forêt? Je compte bien le découvrir ce soir. Je ne croiserais pas Shido à une heure pareille ce qui va me permettre d'enquêter plus facilement. 

    Armée de ma lampe torche et de mon manteau pour ne pas avoir froid, car même si les journées sont chaudes, les nuits restent fraîches. J'avance dans les rues de la ville, désertes à cette heure-ci, en direction de la forêt qui la borde. Il ne me faut que quelques minutes pour l'atteindre. 

    La forêt... Je n'étais pas souvent aller dedans car je la trouvais effrayante. Elle était trop sombre, trop lugubre et trop grande. Ce que j'en ai toujours pensé étant petite et je le pense toujours même si elle me paraît moins grande. L'idée de rebrousser chemin me vient à l'esprit mais je dois prendre mon courage à deux mains! 

    J'entre dans la forêt, ma lampe torche allumée à la main éclairant mon chemin. Il n'y a pas vraiment de sentier alors je dois faire attention où je met les pieds. Je pourrais glisser sur une pierre ou me prendre les pieds dans une racine. Le silence est pesant.. presque inquiétant! 

    Soudain, un hurlement me fait sursauter. Sa provenance n'est pas loin. Je ne l'ai jamais entendu auparavant. Il est émit par une bête sauvage à tout coup. Un second hurlement retend à travers la forêt. Il est plus proche celui-là! Je tremble sans vraiment m'en rendre compte. Qu'est-ce que je suis venue faire ici déjà?! Je n'aurais pas du venir! Je le regrette ! 

    Je recule. Je vais rentrer chez moi en courant. Cependant, dans ma précipitation, je tombe après avoir percuté avec mon pied une racine qui sort du sol. Je m'étale de tout mon long. En relevant ma tête, je me retrouve nez à nez avec une truffe énorme, un pelage noir, un museau sombre et surtout, de très longues dents. Je crie de peur face à cette énorme bête sûrement plus grosse que moi. Ses yeux jaunes brillent dans la nuit tandis que je me relève et recule. 

    Sortant les crocs, la bête, qui est un loup maintenant que je le remarque s'avance vers moi lentement comme si j'étais une vulgaire proie. Je ne fais pas de mouvement brusque de peur de déclencher une attaque. Tous mes gestes sont lents.Le loup ne m'attaque pas à ma grande surprise. Il se contente de me fixer. Je continue de reculer. Cependant, comme je marche en arrière, je finis par me retrouver dos à un arbre.

    Le loup grogne me montrant ses dents effrayantes. Je me retient de crier de peur. La bête me fixe mais dans ce regard, je ne vois pas d'animosité.

    Le Soleil brille dans le ciel sans nuage que je regarde en classe. Je n'écoute pas le cours. Quand ce n'est pas dehors que je regarde, c'est Shido. Il prend des notes. Se pourrait-il que son secret, celui que je cherche à percer, soit qu'il s'occupe de loups? Cela me semble improbable...  Quoique... Peut-être. 

    A la fin de la journée, pour la troisième fois en trois jours, je suit Shido. Et, encore une fois, il me repère. Mais cette fois-ci, il semble vraiment en colère lorsque nous sommes l'un en face de l'autre. 

    "Je pensais avoir été clair avec toi Mitsuki! me crie-t-il dessus.

    Mitsuki... Il m'appelle par mon prénom! Cela fait des années qu'il ne m'a pas appelé ainsi! J'aurais préféré que cela soit dans d'autres conditions en revanche.  

    -Tu vas voir les loups?

    Il écarquille les yeux, très surpris.

    -Comment es-tu au courant dans leur existence ici?! 

    Il pose ses mains sur mes épaules et commence à me secouer.

    -Je... J'en ai vu un hier...

    -Sale fouineuse! "

    Il me tire le bras et m'entraîne en avançant d'un pas rapide vers la forêt. Là, il me regarde dans les yeux.

    "Ne parle à personne de ces loups. 

    -Pourquoi ? Ils seraient protégé...

    -Non!

    Je vois une lueur d'inquiétude dans ses yeux. 

    -Mitsuki... J'ai jamais déménagé. 

    Hein?!

    -Shido? Expliques-toi.

    Shido peut me faire confiance... 

    -Je... tu sais, c'est dur à expliquer.... Mitsuki, on se connait depuis qu'on est gosse, promets-moi de ne pas me rejeter après ce que je vais te dire ni de me détester car au fond, c'est toujours moi. 

    Inquiète, je lui promet.

    -Je ne suis pas un humain. Oh ne fais pas cette tête, Mitsuki. Je suis  à moitié loup comme le reste de ma famille." 

    Je le regarde, pas sûre d'avoir bien entendu... Il est quoi?! Un loup! Ah non! Juste à moitié! Il me fixe avec une certaine appréhension, ce qui peut se comprendre. 

    "Mitsuki..

    Je le regarde droit dans les yeux.

    -Je ne dirais rien. "

    Il me sourit. Ce sourire m'avait manqué... terriblement manqué. Je sens mon coeur battre plus fort que d'habitude.. Je me souviens... avant qu'il ne parte, je l'aimais et je l'aime encore aujourd'hui. Oui, il n'a pas changé finalement. Je suis amoureuse d'un homme à moitié loup.

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    Ce one-shot est en l'honneur de Just Angel qui a gagné mon concours! :)


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  • Courir... Courir... Courir.. Loin! Très loin d'ici! Il faut partir! Se cacher! Ne plus revenir! Ne jamais revenir! Se cacher et ne pas se montrer! Il ne faut pas se faire remarquer sinon, cela sera la fin. La fin de sa vie. Elle le sait... elle ne le sait que trop bien... 

    Elle n'était plus qu'une fuyarde... une lâche! Comment avait-elle pu s'enfuir en laissant le reste de sa famille ?! Hein?! Comment?! Ce qu'elle venait de faire... elle le regrettait, elle aurait dû rester comme son père, sa mère, ses soeurs et son frère! Rester dans cet endroit lugubre et effrayant dont les volets, depuis son arrivée, avaient toujours étaient fermés et cadenassés. Cette demeure qu'elle connaissait comme sa poche et qu'elle venait de fuir sous la seule conduite de la peur. 

    Par où aller?! Elle ne connaissait que l'intérieur de cette bâtisse à l'allure de prison, elle ne s'était jamais aventurée dans le jardin et encore moins plus loin! La jeune fille ne cessait de courir droit devant elle. Elle était entourée d'arbres, aux apparences sinistres dans la nuit sombre. 

    Sans cesser sa course, elle s'interrogeait. Avait-elle bien fait? Peut-être était-ce une fausse alerte.. Peut-être que ces hommes effrayants qu'elle avait vu entrer étaient là pour les libérer... Elle ne savait plus quoi penser ni que faire. Retourner en arrière, c'était prendre un grand risque... partir, c'était l'inconnue. 

    Quand elle fut épuisée, la jeune fille s'arrêta. Elle ne pouvait presque plus respirer et se laissa tomber contre un arbre. Tremblante, elle se recroquevilla et pleura. Elle ne se faisait plus d'espoir, c'était si évident que les hommes qu'elle avait vu par l'une des fenêtre cadenassés n'étaient pas venus pour les aider. Elle avait vu leurs armes... des armes faites pour tuer. C'était à ce moment que son cerveau avait arrêté de fonctionnait. Sans réfléchir, elle avait couru dans l'immense demeure plongée dans le noir pour arriver à la façade arrière qui devait normalement donner dans le jardin. Elle avait pris le premier objet lourd qu'elle avait trouvé: une table basse en bois. La soulevant un peu, la jeune fille avait réussi à la lancer sur la fenêtre faisant éclater en morceaux le bois fermant cette dernière et brisant les carreaux en verre. 

    C'était à ce moment qu'elle avait entendu un cri. Cette voix... cette voix hurlant de peur, c'était celle de son petit frère, Alexis. Ce cri lui avait déchirer les entrailles. Elle n'aimait pas le savoir triste et malheureux. En tremblant un peu, elle avait regardé en direction du couloir par lequel elle était venue ici. Alexis devait être en danger! Elle ne pouvait pas le laisser seul! Ni les autres membres de sa famille! Mais en revenant, elle ne pourrait plus repartir...

    Un second cri déchira le silence. Cette fois, la jeune fille de 17 ans sursauta, il s'agissait d'une de ses trois grandes soeurs, Olga. Regardant toujours le couloir, elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. Partir et tout laissé pour essayer de s'enfuir mais avec le souvenir de sa lâcheté ou revenir pour voir comment allait les siens? 

    Elle hésita longtemps, le temps qui s'écoula lui paraissait si lent! Ce furent des bruits de pas et des voix d'hommes se rapprochant qui la sortirent de son doute. Ils se rapprochaient d'elle. La peur s'empara à nouveau de tout son être. Qu'allait-il lui arriver si on l'attrapait? Elle en avait sa petite idée. Voulant rester libre, il lui fallait tout laisser.

    Ses pieds se mirent en marche automatiquement. Avant qu'elle ne comprenne ce qu'elle faisait, la jeune fille sautait par la fenêtre. La liberté, oui, elle voulait la liberté, que la peur des jours sombres s'éloignent!

    Voilà comment cette jeune femme c'était retrouvée à courir pour avoir sa liberté. Elle ne pouvait plus reculer. En fait, elle avait fait son choix quand elle avait sauté par la fenêtre. Plus de retour en arrière n'était possible, elle n'avait plus le choix.

    Les paupières lourdes, allongée contre l'arbre, la jeune fille s'endormit. Elle était si épuisée. La nuit était fraîche en ce mois de février. La nuit silencieuse rendait l'atmosphère encore plus lourde. 

    Le lendemain, quand elle se réveilla, elle eut du mal à se lever. Que faisait-elle ici? Hors de son lit? Sa fuite lui revint en mémoire. Le coeur lourd et tremblant de froid, elle reprit sa marche. Où allait-elle ? Comment allait sa famille? L'inquiétude s'était emparée d'elle. La douleur de ne peut-être plus jamais revoir les siens après cette fuite la hantait. 

    Un village! Elle était dans un village! Enfin de la civilisation après plusieurs heures de marche dans le froid. Espérant être en sécurité loin de la maison aux volets cadenassés, la jeune femme entra dans une boutique de vêtements pour acheter une cape afin d'avoir plus chaud. Elle n'avait que très peu d'argent sur elle, cet argent, elle l'avait trouvé dans une des poches de sa robe. Quand elle l'avait découvert, cela avait été un soulagement. 

    Blottie dans le tissu de sa cape, elle vagabonda dans le village, le regard fixait sur le sol. Elle tournait en rond mais ne s'en rendait pas compte car son esprit était tourmentée. Était-ce vraiment la meilleure décision? Au lieu de se montrer lâche, elle aurait pu faire demi-tour pour aller auprès de son frère et ses soeurs.... Qu'étaient-ils devenus? Une boule se forma dans sa gorge quand elle s'imagina le pire. Elle chassa très vite cette idée de son esprit. C'était tout simplement impossible. 

    L'argent qui lui restait lui servit à se payer une nuit dans une petite auberge. Elle n'arriva pas trouver le sommeil, ronger par la culpabilité. Ne pas savoir ce qu'était devenue sa famille... c'était atroce. 

    Quelques heures plus tard, elle sut. Dans le journal, cela faisait le gros titre: "Le tsar Nicolas II de Russie et mort!". La jeune fille se sentie vaciller. Le monde se mit à tourner autour d'elle. Son père... non! Non! Il ne pouvait pas! 

    L'article racontait l'exécution de la famille royale de Russie, du tsar, de sa femme et de leurs cinq enfants. Cependant, une avait survécu. Une des quatre filles du tsar était bien vivante. Elle était libre et avait encore de longues années devant elle. Elle vivrait avec les durs souvenirs de sa fuite et de l'abandon de sa famille. Elle n'avait plus personne vers qui se tournait, seule, elle pleurerait tous les soirs les regrets de ne pas avoir eu le temps de prévenir sa famille, de ne pas être avec eux. Mais elle était en vie et libre, et cela n'avait pas de prix. Son nom? Anastasia Nikolaïevna de Russie. 


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  • Je m'appelle May et, je suis actuellement lycéenne. Comme c'est vous, je vais vous révéler un petit secret. Je suis amoureuse. Enfin... non.. Pas amoureuse. Le mot est trop fort. Disons que je suis plutôt intéressée par un garçon de ma classe depuis un ou deux mois. Je ne peux pas réellement parler de sentiments car je le connais assez peu finalement. Du coup, comme je suis timide, j'essaye de lui parler pour tenter de le connaître mieux. Les seuls personnes qui sont au courant sont Pierre, un garçon de ma classe qui est un ami proche et de longue date et Anna, elle aussi dans ma classe, c'est une copine mais aussi la meilleure amie de Léondre, le garçon qui me plait...

    Ce soir, je prend mon courage à deux mains et je décide de lui envoyer un message. En manque d'inspiration et sachant qu'il fait du volley, je lui demande comment s'est passé son entrainement. Il ne me répond qu'une heure plus tard en me disant qu'il s'est bien passé. Je lui répond ensuite en essayant d'engager la conversation. Seulement, un message vient compromettre ma douce espérance. Suite à un message de Léondre, il m’envoie que si je parle à May, je dois lui dire qu'elle ne doit pas se faire d'illusion, que c'est une fille sympa mais sans plus pour lui. Je ne comprend pas pourquoi il me parle de moi.. Je fronce les sourcils en lisant ce drôle de message puisque May, c'est moi! Je lui demande donc quoi il parle exactement car je ne comprend pas. Léondre m'envoie aussitôt un message dans lequel il dit que ça l'énerve franchement que May le regarde sans arrêt car elle se fait de faux espoir et qu'il ne veut pas lui dire par peur de se prendre la tête ensuite avec Anna, sa meilleure amie. 

    Je comprend qu'il ne sait pas qu'il est en train de me parler à moi, qu'il me confond avec quelqu'un d'autre. Je ne savais pas qu'il était au courant qu'il m'intéressait. Je me mets à pleurer, me sentant mal. Je n'ai pas la force de lui répondre immédiatement. Je voudrais même me cacher au fond d'un trou pour pleurer tranquillement. Etant le soir, je décide d'aller prendre ma douche afin de tenter de me calmer un peu si j'y arrive.  

    Me doucher me permet de pleurer sans que mes parents ne s'en rendent compte. Je ne veulent pas qu'ils voient mes larmes, ils s'inquiéteraient et me poseraient des questions auxquelles je n'aurais absolument pas envie de répondre. Je sors de la salle de bain un peu plus détendu. Juste un peu. Puis, je retourne dans ma chambre et regarde mon portable. Je dois lui répondre... Je demande à Léondre à qui il croit qu'il est en train de parler. Comme si cela était une évidence, il me répond Pierre. A mon tour, je lui répond. Je lui dis que non, ce n'est pas Pierre mais May. 

    C'est à ce moment qu'il se rend compte de ce qu'il vient de faire. Il a inversé le numéro de Pierre avec le mien. Je ne sais pas s'il se sent coupable en cet instant mais moi, j'ai mal. Mal au coeur... Il me dit qu'il pense tout ce qu'il a envoyé. Là, je lui répond que j'aurais préféré le savoir d'une autre façon que celle-ci. Mes larmes se sont remises à couler doucement le long de mes joues. Je lui explique que je voulais simplement apprendre à le connaître mieux. La dernière étincelle d'espoir s'éteint lors de sa réponse, il m'envoie que non, il n'y aura rien du tout entre nous. Je pose mon portable. Je ne veux pas encore lui parler pour me blesser encore plus après. 

    Le lendemain, Pierre m'envoie un message pour s'excuser de ne m'avoir pas prévenu. Je lui dis que ce n'est pas de sa faute, qu'il ne savait pas que Léondre avait inversé nos numéro. Pierre n'a qu'une crainte, que je lui en veuille et qu'on ne soit plus amis. Cette histoire ne change pour moi, rien à notre amitié. Je ne lui en veux pas malgré le faut qu'il aurait sans doute mieux fait de me prévenir. 

    Je garde le sourire mais je ne veux qu'une chose, pleurer et m'isoler. 


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  • Ce one-shot est inspiré du conte des Souliers au bal usés des frères Grimm ainsi que de Piégée d'Heather Dixon. 

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    Des rires enfantins résonnaient dans le château tout entier. Des applaudissements les suivirent. Dans le jardin du palais royal, bien à l'abri des regards, cachées par des arbres, les petites princesses, filles du roi et de la reine du royaume de Mandragora, dansaient. 

    La plus âgée, l'aînée, se nommait Alice et était alors âgée de 10 ans. Espiègle, souriante et énergique, cette enfant qui, un jour monterait sur le trône, n'aimait qu'une chose dans la vie, danser. C'était sa passion. Passion qui lui avait été transmis pas sa mère. Et passion qu'elle transmettaient à ses soeurs. 

    Alice apprenait ce jour-là de nouveaux pas à ses soeurs. Celles-ci avaient toujours des yeux qui brillaient de joie quand elles voyaient leur aînée dansait. Il faut dire que malgré son jeune âge, Alice avait déjà beaucoup de grâce. 

    Cette partie de son enfance, Alice n'en avait que de bons souvenirs qu'elle chérissait plus que tout. Durant cette période, elle ne se souvenait pas avoir été malheureuse ne serait-ce qu'une seule fois. Mais toutes les bonnes choses ont une fins et avec les années qui passèrent, il fallait bien que le temps heureux prennent un jour fin. 

    Des années plus tard, Alice avait à présent onze soeurs. La plus jeune venait de naître et la fatigue de l'accouchement avait eu raison de la reine. La famille royale fut alors en grand deuil. Le souvenir de la reine était encore tellement présent dans le coeur de son mari, de ses filles et des domestiques. C'était une femme d'une grande générosité et pleine de bonté. Tout le monde la regrettait. Mais celui qui était le plus malheureux de cette perte était le roi, son époux. A l'annonce de la naissance de sa fille et du décès de son épouse, il était à la chasse. Il n'avait pas vu la femme avec qui il avait partagé tant d'années et tant de choses dans ces derniers instants. C'était bien là son plus grand regret. Il n'arrivait pas à se remettre de cette blessure causer par cette disparition.

    Le chagrin eu raison de lui. Il ne résonnait plus comme il aurait dû. Le roi ferma les portes du palais et le plongea dans l'obscurité en ordonnant la fermeture de tous les volets. Le château était devenu une cage dorée où la liberté n'avait plus sa place. Le roi fit passer également d'autres réformes. La musique était maintenant interdite dans tout le royaume comme le chant et la danse. Pourquoi? Et bien parce que c'était les activités préférées de sa défunte femme. Ses filles avaient protesté,surtout Alice,  contre cette dernière interdiction mais le roi n'avait pas cédé. La danse était désormais interdite et elle le resterait tant qu'il serait encore en vie. 

    Peu de monde venait à partir de ce jour au palais royal. Les portes en étaient fermées et la vie semblait être ralentie. 

    Pendant plusieurs années,Alice et ses soeurs ont continué de grandir ainsi. L'aînée était à présent en âge se marier mais elle savait que son père ne lui trouverait pas de prétendant alors qu'il le devrait. Il ne le ferait pas car, pour lui, Alice était encore une toute jeune enfant. Il ne l'avait pas vu grandir et il ne se rendait pas compte qu'elle était maintenant une jeune femme. Une jeune femme loin d'être épanouie. Alice rêvait d'aventure et de partir à la découverte du monde loin de ce château obscure avec ses maudites règles qui vous enfermez alors que vous n'aviez rien demander. Et puis, par dessus tout, elle voulait pouvoir danser de nouveau. Danser sans penser  à rien d'autres. Alice en était sûre, sa mère n'aurait pas approuvé que le roi interdise la danse car c'était ce qu'elle avait de plus précieux. La danse était un lien entre la mère et ses filles, une passion commune qu'elle leur avait partagé. Le dernier lien qui les unissait d'ailleurs car le roi avait fait brûler tous les portraits de la reine et toutes les photos où elles apparaissaient. Elle n'existait plus et aucune preuve de son existence n'était admise à rester visible à quiconque. Seul la mémoire des gens qui l'avait connu pouvait encore se souvenir du visage de cette reine. Le deuil dans lequel le royaume était contraint de rester était aussi une marque du souvenir encore présent malgré les années écoulées. 

    Cependant, les choses ne sont jamais éternellement figés. Peu importe ce que l'on souhaite, il y aura toujours un grain de sable qui viendra enraillé votre projet. 

    Chaque soir Alice lisait une histoire à ses plus jeunes soeurs pour les endormir. Elle avait pris cette habitude des années plus tôt et s'y tenait tous les soirs. C'était un rituel qui s'était instauré avec le temps. 

    Quand elle eu fini sa lecture, Alice referma le livre qu'elle reposa sur l'étagère. 

    "Allez vous coucher maintenant. Il est l'heure pour le marchand de sable de passer."

    Alice avait de l'autorité sur ses cadettes. Aucune ne contestait jamais ce qu'elle disait. Elles voyaient en elle une leader. Alice était un exemple pour ses soeurs, un modèle à suivre. Une fois qu'elles furent toutes couchées, Alice y compris, cette dernière attendit que toutes ses soeurs sans exceptions soient endormies.  

    En silence, elle se leva et elle se dirigea vers la porte de la chambre sur la pointe des pieds. Alice ne voulait absolument pas les réveiller. Elle craignait même de les réveiller. Elle devait se faire discrète. 

    Pieds nus, Alice se glissait avec la discrétion d'un chat dans les couloirs obscures du palais. Elle pouvait se repérer les yeux fermés. Elle ne faisait aucun bruit. Elle connaissait les heures de rondes des gardes et savaient à quel moment passer pour les éviter. 

    Comme chaque soir, elle ne croisa personne dans les couloir bien évidemment. Elle se rendait à l'autre bout du château. C'était un chemin assez long même si elle connaissait tous les raccourcis. Elle n'était plus très loin de sa destination. 

    Soudain, elle vit la lumière d'une torche à une intersection. Ce n'était pas un garde car ils ne passaient jamais par ce couloir et encore moi à cette heure-là.  Alice se colla contre le mur en espérant que la personne n'allait pas tourner dans sa direction. La personne? Elle entendit deux voix. Ce n'était pas une mais deux personnes. Et parmi elles, Alice arriva à reconnaître la voix de son père. Elle se demanda ce que pouvait bien faire le roi à une heure si tardive à se balader dans les couloirs du château. Elle retint sa respiration quand ils passèrent près d'elle. Ils ne tournèrent pas dans sa direction, heureusement pour elle. C'était un homme qui accompagnait le roi. Et pour être plus précis, il s'agissait de son conseiller. 

    "Votre Majesté, vous savez qu'il est temps de faire un bal pour trouver un prétendant à la princesse Alice. Elle est en âge de se marier et une mariage princier permettrait une alliance avec notre royaume.

    -Baliverne! Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas entendre parler de bal. Je déciderais du destin de la princesse et pour le moment, je ne veux point envisager cette solution. Je suis encore robuste. Je n'ai point besoin de marier ma fille pour le moment."

    Ils s'éloignèrent tandis que le conseiller essayait en vain de raisonner le roi et de lui faire accepter son point de vue. Quand elle n'entendit plus les voix et qu'elle ne vit plus la lumière de la lampe, Alice reprit sa marche silencieuse. 

    Ainsi, le conseiller était bien pressé de la voir mariée. Elle grimaça à cette pensée. Déjà qu'elle avait peu de liberté alors devoir épouser un homme qu'on aurait choisi pour elle... C'était lui retirer encore une liberté. La princesse atteignit la salle qui était sa destination.  

    Elle ouvrit, avec l'impatience d'un enfant qui se trouve devant un cadeau de noël, la porte qui était devant elle. Alice entra dans la pièce et fit en sorte de refermer la porte, tout doucement pour ne pas faire de bruit, derrière elle. 

    Alice s'avança jusqu'au centre de la pièce. C'était l'ancienne salle de bal. Personne n'y venait jamais depuis l'interdiction du roi. Personne sauf Alice. La salle était pleine de poussière. Alice ne pouvait faire le ménage dans le noir le plus complet. Mais elle connaissait les recoins de la salle par coeur et pouvait s'y repérer sans problème les yeux fermés. C'est d'ailleurs ce qu'elle fit, elle ferma les yeux. Elle imagina une musique dans sa tête. Une musique douce et lente et elle s'élança pour danser. En rythme parfait avec la mélodie imaginaire, la danseuse se laissa emportée par ses pas gracieux. 

    Les yeux fermés, elle tournoyait seule dans l'immense pièce. Elle n'emmenait jamais ses soeurs avec elle ici. Alice les adorait mais elle avait besoin d'être seule quand elle se trouvait là. C'était son secret à elle, son moment à elle. 

    Quelques jours plus tard, Alice surprit ses petites soeurs en train de danser dans les jardins. 

    "Arrêtez! Si quelqu'un d'autre vous voit, père nous passera un savon.

    L'inquiétude la rongeait. Leur père ne laisserait pas passer que ses filles dansent. Elles auraient de gros ennuis. 

    Dans son dos, Alice entendit un toussotement. Oh non ! Ce qu'elle craignait venait de se produire, quelqu'un avait vu ses soeurs dansaient. Et à leurs têtes, ce n'avait pas l'air d'être n'importe qui. Alice savait qui se trouvait juste derrière elle mais elle espérait se tromper. Elle se retourna lentement pour réaliser que ses craintes étaient fondées. 

    -Père..., balbutia-t-elle, quelle joie de vous voir. 

    -J'aimerais pouvoir en dire autant.

    Le roi avait un regard sévère. Un regard froid qui, quand vous le croisez, vous dissuade de lui tenir tête. Il était célèbre bien au-delà du royaume pour son fameux regard. Toutes les filles étaient crispées. Elles attendaient que leur père rajoute quelque chose. 

    -Allez dans mon bureau, immédiatement."

    Son ton ne laissait aucune place à la protestation. Les princesses suivies de leur père rentrèrent dans le château et se rendirent dans le bureau du roi. Celui-ci s'installa lentement dans son fauteuil. Il regarda une à une chacune de ses filles, debout en face de lui. Elles étaient alignées dans l'ordre de leurs naissances et se tenaient droites. Alice évitait à tout prix le regard glacial du roi qui les dévisageait avec lenteur. Il enleva ses gants pourpres qu'il posa sur son bureau.

    Les hurlements du roi s'étaient entendus à l'autre bout du château. De sa vois puissante, il avait incendié ses filles les unes après les autres. Il avait commencé par la plus jeune, se montrant un brin plus doux qu'avec ses aînées. Le tour d'Alice arriva enfin. 

    Elle avait le visage impassible. Alice était plus grande que son père. Elle le dépassait d'une demie-tête. Cependant, elle se sentait bien faible devant ce père froid et implacable. Elle regardait droit devant elle, ne voulant pas croiser le regard de cet homme.

    Pendant un moment qui lui parue interminable, Alice encaissa les aboiements et les mots cruels que son père lui crachait au visage. Plus jeune, elle en pleurait, maintenant, elle serrait les poings. Que pouvait-elle bien faire d'autre? Elle n'était rien en comparaison au roi. Elle ne pouvait pas lui répondre mal, elle ne pouvait pas se dresser contre lui. 

    "Sortez maintenant! La danse est bannie de ce royaume. La prochaine que je surprendrais à danser le regrettera! Elle sera pendue. "

    Cela pouvait être paraître comme une menace extrême ne visant qu'à faire peur. Mais le roi était un homme qui n'avait pas d'humour, qui ne rigolait jamais. Alice déglutit. Elle savait qu'il était sérieux. 

    Elle avait donc arrêté ses escapades nocturnes et ne se rendait donc plu, seule le soir, dans la salle de bal. La danse, seule morceau de liberté qui lui restait clandestinement, lui avait été arraché. Elle tenait à sa vie. La salle de bal était désormais déserte à jamais. 

    Alice prenait soin de ses soeurs aussi. Elle s’inquiétait pour elle. La princesse imaginait souvent qu'une de ses cadettes n'ait pas pris la menace du roi au sérieux. Comme une fée bienveillante, Alice veillait sur ses petites soeurs. 

    Seulement, parfois, quand on est jeune, on teste les limites. Alice ne pouvait pas sans cesse surveillait les autres princesses. Et l'une de ses plus jeunes soeurs avait enfreint la règle concernant la danse. 

    Le roi s'était alors montré cruel. Il avait mis sa menace a exécution. La princesse avait été enfermée tout de suite enfermée dans les cachots du château et ses soeurs n'avaient nullement le droit de venir la voir. Dans la cour de la demeure royale, le roi avait fait mettre un échafaudage de bois pour la pendaison. 

    C'était sans ménagement que le roi, devenu tyran et monstre, avait fait pendre l'une de ses filles devant la cour entière et ses autres filles. Il les avait obligées à assister à l'exécution de leur soeur. Elles avaient été aux premières loges. Alice n'avait pas pu regarder. Elle avait fermé les yeux. Elle ne reconnaissait plus son père. Comment avait-il pu faire cela?! C'était au-delà de l’imaginable. Alice avait toujours eu un profond respect pour son père. Mais à partir de ce moment là, tout le respect qu'Alice avait pour le roi venait de disparaître. Elle ne ressentait que de la colère pour son père. 

    Quelques semaines après l'exécution, les princesses ne dansaient plus en cachette. Elles avaient bien trop peur de leur père. Aucune ne voulait mourir. Alice avait continué à lire à ses soeurs des histoires tous les soirs. Elle remplissait son rôle de grande soeur protectrice bien plus qu'elle le devrait pour son âge. 

    Ce soir-là, les deux plus jeunes couraient en jouant à chat dans la chambre. Elles partageaient toutes une seule et unique chambre. Soudain, la plus petite chuta dans un recoin de la pièce. Elle se rattrapa au mur à une dalle. Cette dernière s'affaissa et le mur se mit à trembler. Un passage secret s'ouvrit sous les yeux à la fois inquiets et curieux des princesses. 

    "Ne vous en approchez pas! Cela pourrait être dangereux.

    Alice ne connaissait pas l'existence de ce passage. Elle ne voulait pas qu'une de ses soeurs s'en approche. Si l'une d'elle devait y entrer et vérifier que rien n'était dangereux, ce devait être elle. Doucement, elle s'approcha de l'ouverture dans le mur. 

    "Blair, donne-moi donc une bougie", ordonna Alice.

    La dénommée Blair exécuta l'ordre de son aînée sur le champ. Alice prit la bougie et elle se tourna vers le passage secret et s'avança vers celui-ci avec prudence. 

    A la faible lumière de la bougie, elle discerna dans l'obscurité un escalier en colimaçon. Alice ne savait pas s'il descendait loin dans les sous-terrains du château et elle ne voulait pas se risquait à descendre ce soir.

    Le passage se referma de lui-même quelques instants plus tard. Les princesses conclurent qu'elles iraient explorer ce passage le lendemain soir.  Et le soir suivant, elles se munirent chacune d'une bougie. Alice ouvrit le passage et fut la première à s'aventurer dedans. Les autres la suivirent.

     Pendant combien de temps descendirent-elles l'escalier? Au moins une bonne dizaine de minutes. Quand elles arrivèrent en bas, les princesses constatèrent qu'elles n'avaient plus besoin de leurs bougies. Une lumière surnaturelle s'échappait de cet endroit sous-terrain. Alice posa sa bougie imitée ensuite par ses soeurs. Elles les reprendraient quand elles remonteraient dans leur chambre.

    Elles ne savaient pas vraiment où elles étaient mais le lieu était magnifique. C'était une sorte de petit jardin encerclé par des haies qui couvraient les murs. Le plafond ressemblait à un ciel étoilé et le sol était en pelouse. La verdure était abondante. Sur les haies, il y avait des fleurs... Mais des fleurs faites de pierreries. Cet endroit secret était tout simplement féerique. Alice s'avança, bouche bée devant ce spectacle. 

    Une idée la frappa soudainement. Personne ne les voyait ici. Personne ne pouvait les voir et personne ne se doutait que les princesses étaient là. Peut-être pourraient-elles danser ici? Il  y avait bien assez de place. Alice jeta cependant un coup d'oeil vers ses pieds. Elle n'avait plus de chaussons de danse depuis des années et danser pieds nus ici ne serait convenable. Elle devrait garder ses souliers et elle grimaça un peu à cette idée. Les souliers n'étaient pas des chaussures agréables et danser avec abîmerait vite les chaussures mais aussi les pieds de la danseuse.

    "J'ai rarement de la visite. Vous êtes-vous perdues, mesdemoiselles?"

    Alice se retourna vers la voix masculine qui venait de derrière elle et ses soeurs. Elle ne connaissait pas cette voix. En face d'elle ce tenait un jeune homme qui avait un grande élégance. Alice le détailla. Il était grand et mince. Plus que mince même. Il était d'un maigreur effrayante. Vêtu d'un costume noir, l'homme avait ses doigts squelettiques recouverts de gants eux aussi noirs. Ses yeux verts avaient une teinte surnaturelle qui contrastait avec la pâleur cadavérique de sa peau.  Alice se méfia de ce jeune homme qu'elle ne connaissait pas. Les avait-il suivi? C'était impossible, elles l'auraient remarqué bien plus tôt.

    "Qui êtes-vous? demanda Alice avec méfiance. 

    Un sourire carnassier se dessina sur le visage lugubre de l'inconnu.

    -D'ordinaire, la politesse veut qu'on se présente avant de poser ce genre de question, princesse. Mais vous le demandez si gentiment que je vais vous répondre. Je suis le gardien de ce lieu, lord Baxter. 

    Ce nom ne disait rien à la princesse. Elle jugea inutile de se présenter car il avait l'air de savoir qui elle était. Le regard du jeune homme se posa sur les autres princesses qu'il salua poliment une à une. 

    -Bienvenue à la Cour Secrète. Faites ici ce qu'il vous plaira. 

    -Même danser? demanda l'une des plus jeunes soeurs d'Alice.

    Le regard de lord Baxter se posa sur elle.

    -Mais bien sûr. Personne ne le saura. Vous êtes en sécurité ici. 

    Un sourire apparu sur son sinistre visage. Puis, il claqua des doigts. Une musique se mit en route. Il était impossible de définir la source du bruit mais elle était bien là. 

    -Danser, vous le pouvez si vous le souhaitez. Tous vos rêves deviennent des réalité en ce lieu.

    Le plus petites, ravies, s'étaient déjà mises  à danser. Cette sensation de légèreté leur avait tellement manqué. Elles se sentaient libres.  Alice fut bientôt la seule qui ne dansait pas alors que c'était celle qui aimait le plus virevolter sur la musique. 

    -C'est presque trop beau pour être vrai, chuchota-t-elle.

    Lord Baxter était maintenant à côté d'elle. 

    -Vous avez raison, princesse. Ce lieu vous apporte la liberté dont vous rêvez mais elle a un prix. 

    -Un prix ? Nous n'avons pas d'argent sur nous. 

    Un sourire carnassier apparut de nouveau sur le visage de lord Baxter. 

    -Qui vous parle d'argent? Je veux simplement que chaque soir vous reveniez ici. Que chaque soir vous empruntez le passage et veniez me rejoindre. Je serais là pour vous accueillir. 

    -Et si nous ne venons pas?

    -Les conséquences seraient terribles. Pas pour moi, princesse. Mais pour vous et vos soeurs. 

    -Est-ce une menace?

    -Une mise en garde. Mais tant que vous êtes là, profitez de ce que je vous accorde."

    Alice partie danser. Elle n'aimait pas la présence de lord Baxter. Il lui semblait trop effrayant. Quelque chose dans cet homme ne lui inspirait pas confiance. Elle s'en méfierait. La princesse Alice rejoignit ses soeurs et se mit à danser en rythme avec la musique. Une vraie musique! Pas une mélodie qu'elle imaginait dans son esprit. Elle laissait ses pieds la guider. 

    Toutes les bonnes choses ont une fin. Et les princesses retournèrent au petit matin dans leur chambre. Leurs souliers étaient usés jusqu'à la corde. Il leur en fallait des nouveaux. Le roi fronça les sourcils en voyant l'état des chaussures de ses filles. Il leur en offrit à chacune une nouvelle paire. 

     Cependant, le roi s'aperçut vite que chaque matin, les souliers de ses filles étaient totalement usés. Il les soupçonna de danser en cachette la nuit dans leur chambre. Le roi n'avait cependant aucune preuve. Alors, il interrogea les princesses une à une. Mais aucune ne parla. Aucune ne  révéla l'existence du passage secret. 

    "Si vous ne faites rien, Alice, explique-moi comment vos chaussures se retrouvent tous les matins dans cet état lamentable? 

    -Je ne sais pas, répondit Alice. Vous savez, père, nous marchons beaucoup pour occuper nos journées."

    Le roi n'apprécia pas l'insolence de sa fille et la renvoya de son bureau sur le champ. Le soir même, il posta des gardes devant la chambre de ses filles. Ainsi, il serait certain qu'elles ne sortiraient pas de leur chambre. Cependant, comme chaque matin, le souliers étaient usés le lendemain. Le roi demanda alors à ses garde s'ils avaient entendus des bruits de pas durant la nuit. Les gardes répondirent de manière négative. 

     Un soir, Alice se sentit mal et les princesses n'allèrent pas danser. Quand elles se rendirent le lendemain soir dans le passage secret pour rejoindre lord Baxter, celui-ci les accueillit avec un grand sourire.

    "Vous n'êtes pas venues hier, princesses.

    -Je me sentais mal, se défendit Alice.

    -Peu importe la raison. Vous n'êtes pas venues. Et par votre absence vous m'avez libéré du sortilège qui m'emprisonner en ce lieu. Oh! Je ne peux pas partir de château. Mais je peux m'y déplacer maintenant tel un fantôme. 

    -Qui êtes-vous exactement?

    -Je suis lord Baxter. Autrefois, le conseiller du premier roi de ce royaume."

    Alice grimaça et frissonna. Il y avait une légende sur cet homme, le conseiller du premier roi. On disait que le conseiller était un homme qui avait été obsédé par le pouvoir et que ça l'avait conduit à sa perte. Il était jeune et intelligent mais bien trop machiavélique et le premier roi s'en était aperçu. Le conseiller avait voulu monter un complot contre ce roi pour prendre sa place sur le trône mais le roi avait été le plus rapide en faisant appel à un magicien qui avait, selon la légende, enfermé le conseiller dans les murs du château afin de l'emprisonner à jamais. La légende se terminait par le fait que, si un jour le conseiller s'échappait, seul l'épée du premier roi pourrait le tuer définitivement.

    "J'ai attendu si longtemps ce moment, princesses. Je savais qu'un jour, quelqu'un trouverait le passage secret et viendrait jusqu'à moi. Ironie, vous m'avez libéré alors que votre ancêtre m'avait emprisonné. 

    -Vous ne ferez de mal à personne! 

    -Vous croyez? Soit. Mais cela aura un prix. Venez  chaque soir ici. Ne loupez plus jamais un jour. Sinon, je n'aurais plus aucune pitié."

    Depuis ce soir-là, les princesses remarquèrent que de temps en temps des objets leur appartenant disparaissaient. Il ne leur fallut pas longtemps pour découvrir que l'auteur de ses vols était lord Baxter. C'était le prix qu'elles devaient payer pour n'être pas venues une fois. Si elles venaient à recommencer, lord Baxter avait été très clair, il les tuerait une à une. Alors elles obéissaient sous la menace. Elles venaient chaque soir.

    Malheureusement, le roi ne l'entendait pas de cette oreille. Il en avait bien assez du secret que caché ses filles et il avait retiré les gardes qui faisaient le guet devant leur porte. Il fit paraître une annonce dans tout le royaume. Il invitait des jeunes gens à venir passer à trois nuits  dans le château. Pendant celle-ci, l'homme n'aurait qu'une simple mission: découvrir comment les princesse usaient leur chaussures. Au terme de ce délai, deux possibilités se présentaient. Si le jeune homme apportait la vérité au roi sur ce  mystère, il lui offrirait la main d'une de ses filles. A l'inverse, s'il ne découvre pas la façon dont les souliers sont usés au bout de trois nuits, le roi le fera pendre. 

    Malgré le danger de la mort, l'annonce attira pas mal d'hommes prêts à tenter leur chance. Cependant, les princesses ne l'entendaient pas de cette oreille. Et lord Baxter non plus. Il offrit aux princesses une méthode pour être certain qu'aucun des candidats ne réussiraient. 

    Beaucoup échouèrent et le roi mettait toujours à l'oeuvre sa menace qui devenait une réalité. Chaque homme qui ne trouvait la clef de ce secret fut pendu. Le premier fut le plus compliqué. A chaque exécution, les princesses devaient être présentes. Au début, elles avaient de la compassion pour ces hommes qu'elles envoyaient à la mort. Mais au fur et à mesure des exécutions, elles étaient devenues plus insensibles. C'était maintenant une banalité pour elles qui se déroulait tous les trois jours. 

    C'était un cruel choix. Mais soit ces hommes mouraient les uns après le autres pour avoir échouer, soit les princesses prenaient le risque d'être découvertes et dont de se voir interdire de rejoindre le seul lieu où elles pouvaient danser. Le lieu où elles devaient se rendre chaque soir ou lord Baxter les menaçait de mort. C'était tout simplement soit la vie de ces hommes soit la leur. 

    Combien de temps ce jeu mortel du chat et la souris allait-il encore durer? 

    Les mois s'écoulèrent avec une extrême lenteur. Tant de morts... Tant de sang avait couler. Alice aurait voulu arrêter ce massacre mais les menaces de lord Baxter la réduisait au silence, elle tout comme ses soeurs. 

    Ben était un soldat comme tous les autres. Il avait fui un champ de bataille plus jeune alors qu'il n'était qu'un enfant. Il venait d'autre royaume qui était autrefois en guerre. Ben avait été envoyé au front alors qu'il n'avait même pas atteint l'âge de 15 ans. Il avait vu des scènes qu'aucun enfant ne devrait voir. Il avait connu la souffrance et la faim. On pouvait le traiter de lâche mais il était en vie. Ben avait traversé un bon nombre de royaume après sa désertion. Et il était arrivé dans le royaume de Mandragora. Le mystère qui entourait les princesses l'intéressait. Ben n'était pas un courageux. C'était peut-être un aventurier mais il savait à quel point la vie était trop précieuse pour la mettre stupidement en jeu. Il ne comprenait pas tous ces imbéciles qui risquaient leurs vies. 

    Un jour alors qu'il mangeait un maigre repas, car, Ben devait l'avouer, l'argent ne lui tombait dans les bras, une vieille femme s'approcha de lui.

    "Je peux vous aider, grand-mère?

    -Ton coeur est pur.

    Ben fronça les sourcils. Si cette femme le disait, peut-être que c'était vrai. Mais dans un monde pourri, à quoi bon avoir un coeur pur? Elle poursuivit en se tenant à une vieille canne.

    -Tu ne rêves pas de richesse ni de gloire, jeune homme. Que recherches-tu en voyageant comme tu le fais?

    Ben interrompit son repas. Cette femme l'avait plutôt bien cerné. 

    -Juste un endroit où je me sentirais utile pour un maximum de gens. Où je pourrais apporter le bonheur à quelqu'un. 

    Il avait connu beaucoup trop le malheur et la misère pour aspirer à autre chose. 

    -Ton coeur est pur, répéta-t-elle. Et ton souhait peut se réaliser. Personne dans ce royaume n'en était digne mais toi tu l'es. Accepte ceci.

    La femme sortir de sous son bras une grande cape bleue comme la nuit. Ben fronça les sourcils mais accepta le présent avec modestie, remerciant la vieille dame. Le tissu était à peine usé. Ben pensait s'en servir pour les nuits hivernales où le froid lui mordrait la peau. La femme continua de parler.

    -C'est une cape d'invisibilité.

    Ben se retint de rire. Cette vieille ne devait plus avoir toute sa tête pour sortir pareille ânerie.

    -Répète après moi, petit. Disparaître est parfois une solution, que la vérité éclate devant mes yeux. 

    -Disparaître est parfois une solution, que la vérité éclate devant mes yeux.

    Ben a surtout répété afin de ne pas vexer la vieille dame. C'était un acte de pur politesse. Cependant, il ne s'attendait pas à ce que la cape devienne effectivement invisible dans ses mains. Il écarquilla les yeux.  

    -Gamin, si un jour tu décides de percer le mystère des princesses, ne bois pas de vin. Sous aucun prétexte."

    Quelques jours plus tard, Ben se rendit au château de Mandragora. Un homme avait été exécuté le matin même pour ne pas avoir réussi à percer à jour le secret des princesses. Si Ben avait décidé de tenter sa chance c'est parce qu'il avait la cape que lui avait donné la vieille femme avec lui. Autrement, il ne serait jamais venu au château. Il était certain que cette cape l'aiderait. Il se souvenait de la recommandation que la femme lui avait faite et s'était promis de la respecter. 

    Ben fut accueilli par le roi en personne. Il s'inclina et celui-ci lui ordonna de se relever. Ben le dévisagea quelques secondes. Il s'attendait à un roi fort et brave. Une image imposant le respect mais il était en présence d'un homme usé par le temps qui semblait être lassé de la vie qu'il menait. Ben ressentit alors pour le roi une pointe de compassion. 

    -Vous avez trois jours. Sinon, vous connaîtrez le sort que tant de malheureux avant vous ont subi."

    Toute la compassion que Ben ressentait pour le roi disparu. Cet homme ne perdait pas le nord. Il n'aurait aucune pitié pour Ben si celui-ci échouait. 

    Alice devait apprendre le protocole de Mandragora par coeur sous le nez de son professeur. Elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle devait le maîtriser à la perfection. Et tout cela l'ennuyait profondément. La princesse jetait un coup d'oeil par la fenêtre dès que son professeur ne la regardait pas. Elle voulait sortir et s'évader loin de ces leçons. Ses pensées la dirigèrent alors vers lord Baxter qu'elle rejoindrait ce soir encore avec ces soeurs. L'horreur avait fait place à une banalité et lord Baxter leur offrait ce qu'elles rêvaient le plus au monde: la liberté. 

    Après sa leçon, Alice avait quartier libre. Elle vagabonda dans les couloirs presque déserts du château. Les gardes qui la rencontrait la saluait gravement comme toujours. Elle croisa alors un visage qui ne lui était pas familier. Ben. Alice devina aussitôt qu'il était là pour percer le mystère de leurs chaussures usés tous les matins. Arrivant près d'elle, Ben s'inclina respectueusement.

    "Princesse. C'est un honneur de vous croiser.

    Alice le toisa du regard.

    -Vous ne penserez plus cela dans trois jours lorsque vous serez sur le point de mourir."

    Il allait échouer. Comme tous les autres avant lui. Alice le savait, c'était une certitude. Étrangement, Ben sourit, ce qui déstabilisa la princesse. 

    Le premier soir venu, après le repas, à l'heure du coucher, Alice et ses soeurs se rendirent jusqu'à la chambre de Ben. Elles frappèrent à la porte. Le jeune vint ouvrir, assez surpris en les voyant.

    "Nous voulions simplement vous souhaiter bonne chance, dit Alice.

    Elle lui tendit un verre de vin.

    -Les hommes aiment le vin, en cadeau, nous vous apportons cette coupe."

    Ben prit le verre et regarda le liquide en songeant aux conseils que lui avait donné la vieille femme. Il remercia poliment les princesses et comme c'était le premier soir et qu'il lui restait du temps pour découvrir leur secret, Ben but le verre. 

    Alice sourit et partit avec ses petites soeurs. Ben eut, lui, envie de dormir et il comprit. Dans le vin, les princesses avaient mis un somnifère. Il alla donc se coucher en sachant qu'il ne devrait plus en boire lorsque le lendemain elles lui apporteraient une nouvelle coupe de vin. 

    Le lendemain soir, Alice offrit une fois encore un verre de vin à Ben. Celui-ci l'accepta mais referma la porte de sa chambre sans avoir bu le vin. Il vida le contenu de la coupe en maudissant les princesses. Elles avaient voulu le piéger.  Il prit la cape d'invisibilité qui était posée sur son lit et il s'enroula dedans avant de réciter la petite formule de la vieille femme. Ben était à présent invisible. Il sortit de sa chambre et se dirigea vers celle des princesses qu'il avait repéré plus tôt dans la journée.  Par chance, la porte était entrouverte et il se faufila à l'intérieur manquant de percuter Alice qui allait justement fermer la porte. Ben s'installa dans un coin de la chambre afin qu'aucune des princesses ne le percute par mégarde. Il ne devait pas se faire repérer. 

    Alice ouvrit le passage secret dans le mur et s'y engouffra suivie de ses soeurs. Surpris mais déterminé, Ben entra dans le passage à la suite de la plus jeune des princesses. Alors qu'il descendait, il marcha malencontreusement sur la robe de la petite princesse. 

    "Quelqu'un a marché sur ma robe! se plaignit-elle.

    Alice se retourna. 

    -Il n'y a personne derrière toi. 

    -Mais..."

    Alice la regarda sévèrement. La petite ne tenta pas de s'expliquer à nouveau. La douceur de l'aînée des princesses avait fini par disparaître. Alice n'était pas heureuse et cela se voyait dans son comportement quotidien. Elle ne souriait plus comme elle en avait l'habitude avant. 

     Comme chaque soir, les princesses vinrent voir lord Baxter. Celui-ci les accueillit chaleureusement, ce qui dégoûta l'aînée. Alice ne faisait aucunement confiance en cet homme. Elle le méprisait car il les faisait chanter. Lord Baxter avait remarqué qu'il n'était pas dans les bonnes grâces de la princesse et cela l'amusait assez. Personne ne se douta de la présence de Ben. Il restait bien dissimulé sous sa cape. Il analysait tout ce qu'il voyait. 

    Lord Baxter était proche d'Alice et il lui prit le menton.

    "Vous étiez plus belle quand vous souriez princesse.

    D'un revers de la main, Alice écarta celle de son interlocuteur.

    -Je n'ai pas envie de vous sourire. Vous savez ce que je pense de vous.

    -En effet. Mais tant que vous venez me tenir compagnie, je suis satisfait. "

    Alice ignora les paroles de lord Baxter. Il ne s'imaginait pas à quel point elle le détestait. Ben n'avait rien perdu de l'échange. Il avait compris que cet homme était un problème. Les princesses n'avaient pas l'air de venir ici par envie. 

    C'était le dernier soir pour Ben au château. Demain, si son plan ne marchait pas, il pourrait finir exécuté. Encore faudrait-il qu'on le trouve. Si Ben n'apportait pas la réponse du mystère au roi, il pourrait toujours s'enfuir grâce à la cape. C'était une solution. Il  pourrait partir de Mandragora et se refaire une vie ailleurs. Il n'avait rien qui l'attachait à ce royaume alors il pouvait très bien partir sans le regretter si les choses ne se passaient pas comme il l'avait prévu. 

    Comme les deux jours précédents, Alice et ses soeurs apportèrent à Ben un verre de vin. Il fit la même chose que le soir précédent. Il vida le vin et son somnifère dans un pot de fleur. Il se drapa dans la cape d'invisibilité et prit une épée qu'il avait réussi à dérober dans l'armurerie quelques heures plus tôt.

    Il s'infiltra de nouveau dans la chambre des princesses. Une fois encore, elle ne le remarquèrent pas. Alice ouvrit le passage dans le mur et s'y engouffra. Ses soeurs la suivirent et Ben ferma la marche, blottit dans sa cape. 

    Comme à son habitude, lord Baxter les attendait. Il les salua poliment en s'inclinant et fit même un baise-main à Alice qui sembla plus dégoûtée qu'heureuse. Les princesses allèrent danser sur la musique. Puisqu'elles étaient ici, autant qu'elles en profitent. La seule qui ne profitait pas de l'endroit était Alice. Elle se tenait à l'écart de tout même de lord Baxter. Celui-ci ne lui accordait pas la moindre importance, dansant avec l'une des princesses. 

    Ben vint près d'Alice et lui parla en chuchotant:

    "Princesse, n'ayez crainte. Je sais que vous n'êtes pas heureuse ici. Je vous sortirais d'ici.

    Alice sursauta. Elle reconnut la voix du jeune homme mais ne pas le voir la perturba. 

    -comment?.. 

    -On m'a fait un cadeau. N'ayez crainte. Faite moi simplement confiance votre altesse."

    Alice avait-elle vraiment le choix? 

    Ben s'éloigna de la princesse pour se diriger vers lord Baxter. Il tenait son épée à la main. Devait-il aller jusqu'à le tuer ou pouvait-il simplement se contenter de le blesser? La seconde option était celle que préférait Ben. 

    Ben souleva tout à coup sa cape et attaqua avec son épée le maître des lieux. Avec une grâce inouïe, lord Baxter esquiva le coup mais n'empêcha pas  Ben de le blesser à l'épaule. 

    "Un invité surprise? Vous me décevez princesse.

    Lord Baxter avait perdu en un instant son calme apparent et sa fausse douceur.  Une épée se matérialisa dans les mains de lord Baxter.  L'effet de surprise était passé et Ben n'aurait plus la possibilité de blesser aussi facilement. 

    -Je me suis invité seul. Les princesses n'ont rien à voir avec cela.

    -Peu importe. Êtes-vous prêt à périr jeune homme?

    Cet confiance excessive en lui agaça profondément Ben.

    -Pas vraiment."

    Lord Baxter voyait un effronté en Ben. Il voulait s'en débarrasser et il ne doutait pas qu'il réussirait. 

    Ben provoqua le lord dans un duel. Alice entraîna ses soeurs à l'écart. Toutes étaient effrayées par la tournure des événements. 

    Epées à la main, les deux hommes se faisaient face. Ben ne quittait pas lord Baxter des yeux. Il savait que son adversaire était un être redoutable. Un instant d'inattention pouvait être fatal. 

    Les épées s'entrechoquèrent. Lord Baxter avait cru pouvoir vaincre ce jeune insolent facilement. Il devait avouer s'être trompé. Ben savait manier l'arme qu'il avait entre les mains avec une aisance déconcertante. 

    Les deux hommes se battaient et se blessaient mais aucun ne semblait prendre le dessus sur l'autre. Les princesses encourageaient Ben. Alice était silencieuse. Elle observait le combat, un masque impassible sur le visage. 

    Soudain, lord Baxter fit voler l'épée de Ben de ses mains. Le jeune homme se retrouva désarmé. De justesse, Ben évita une attaque de lord Baxter en roulant sur le sol. Il se redressa tandis que lors Baxter s'apprêtait à lancer une nouvelle attaque. La lame de l'épée effleura  l'épaule de Ben, entaillant légèrement sa peau. Ben grimaça. Il ne pourrait pas éternellement esquivait l'épée de lors Baxter. Ben esquivait du mieux qu'il pouvait les attaques. Il s'épuisa plus vite qu'il ne le crut et, soudain, il trébucha. 

    "Votre vie touche à sa fin, jeune homme." 

    Lord Baxter souleva son épée derrière sa tête pour porter le coup final à un Ben impuissant à ses pieds. 

    Cependant, l'épée ne s’abattra jamais sur la tête de Ben.  Lord Baxter avait toujours son épée au-dessus de sa tête. Il était figé, une expression de douleur peinte sur le visage.  Lord Baxter baissa les yeux vers son ventre. Une épée le transperçait. Le sang se répandait sur ses beaux habits d'apparats. Il s'écroula en lâchant son arme mortelle. Lord Baxter était mort. 

    Lorsque lord Baxter était tombé, Ben avait découvert derrière lui Alice. Les mains de la princesse étaient couvertes de sang. Elle tremblait, pétrifiée. Ses yeux regardaient devant elle mais ils étaient perdus dans le vide. 

     "Alice?", appela une de ses soeurs qui s'inquiétait pour elle.

    Alice ne répondit pas. Elle était en état de choc. Elle n'avait pas réfléchi. La princesse avait vu l'épée, elle avait vu Ben en difficulté. Son instinct l'avait poussé à prendre l'arme. Lord Baxter n'avait prêté aucune attention à elle. Alice l'avait lâchement tuer. Elle avait pris une vie. 

    Ben se releva, remis de ses émotions. Il jeta un regard méprisant au corps de lord Baxter. Il s'approcha de la princesse Alice qui était toujours en état de choc. Ben s'inclina devant elle.

    "Vous n'avez plus rien à craindre, princesse."

    Alice ne lui ordonna pas de se relever. Elle était ailleurs. Elle n'avait pas entendu les mots prononcés par le jeune homme. Sa mémoire cherchait à effacer ce qu'elle venait de faire. 

    Le lendemain matin, Ben se présenta devant le roi. 

    "Avez-vous découvert le mystère qui entoure mes filles? 

    Toutes les princesses étaient présentes dans la salle. Alice avait un air fatigué. Elle n'avait pas dormi de la nuit. Quand le sommeil l'enveloppait, ce qu'elle avait fait subir à lord Baxter la rattrapait, l'empêchant de rêver.

    Ben était agenouillé devant le roi.

    -Oui, votre Altesse. 

    La réponse du jeune surprit grandement le roi. 

    -Et bien, parlez."

    Ben se lança alors dans les explications en étant le plus précis possible. Il mentionna la cape d’invisibilité qu'il présenta comme preuve. Il parla longtemps. Il narra le chantage qu'exerçait lord Baxter sur les princesses. Le roi ne disait rien, il écoutait en hochant parfois la tête.

    "Je n'ai qu'une parole. Vous serez le futur roi en épousant l'une de mes filles. Demandez la main de celle que vous voulez. 

    Ben releva légèrement la tête. 

    -Je ne sais pas si je serais à la hauteur, votre Altesse.

    -Vous le serez. Relevez-vous."

    Ben exécuta l'ordre. Le roi lui demanda alors laquelle de ses filles Ben souhait-il épouser. Le regard du jeune homme se dirigea de suite vers Alice. Elle était la plus âgée mais ils avaient approximativement le même âge. Elle était belle et elle lui avait sauvé la vie. 

    "Princesse Alice, me feriez-vous l'honneur de devenir ma reine?

    Alice fut étonnée. Elle ne s'attendait pas à ce que Ben la choisisse. Cette question n'était qu'une mascarade. Elle n'avait pas le droit de refuser. 

    -Oui", répondit-elle sèchement.

    Quelques mois plus tard, le mariage eut lieu. Alice avait pris soin d'éviter son futur époux le plus possible depuis les fiançailles. Ben respectait ce choix. Il avait passé plus de temps avec les autres princesses qu'avec sa futur femme. Les princesses s'étaient toutes attachées à Ben et le roi lui-même reconnaissait de nombreuses qualités digne d'un roi en lui.

    Lors des festivités, Ben fut subjugué devant la beauté dans sa robe de mariée. Le mariage était aussi le jour du couronnement. Le roi abdiquait pour laisser place sur le trône à sa fille et son mari. Alice ne dit aucun mot de la journée, un masque impassible sur le visage.

    Les jeunes mariés furent applaudis par le peuple invité pour l'occasion. Cependant il n'y eut pas de musique, de chant ni de danse. Sans en avoir averti le roi ni personne d'autre d'ailleurs, Ben entama un discours. Alice l'écoutait, debout à ses côtés, en silence. Il fit alors une annonce qui surprit tout le monde.

    "Enfin, en tant que roi, je vais abolir une interdiction qui n'a que trop durer. A présent, chacun est libre de jouer de la musique, d'en écoutant, de chanter et bien entendu de danser."

    Les soeurs d'Alice sautèrent de joie tandis que cette dernière regardait l'homme qui était maintenant son époux avec une surprise non dissimulée. Le roi quand à lui était en colère mais il avait passé la main et peu importe ce qu'il souhaitait, Ben avait désormais le dernier mot. 

    Le temps s'écoula lentement. Les princesses dansaient de nouveau et la plus heureuse d'être elles était Alice. Jeune mariée, elle se rendait compte que Ben était un homme tout à fait agréable et elle ne l'avouerait sans doute pas encore  mais le jeune homme lui plaisait. 

    Ben invitait souvent sa femme à danser sachant qu'elle aimait particulièrement cela. C'était un mauvais danseur mais avec le temps, il s'améliorait. Alice lui apprenait des danses de salon. Il avait découvert en Alice une personne très patiente. 

    Ben gouverna le royaume de Mandragora de son mieux avec l'aide d'Alice. 

     


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  • Les personnages de cette fiction et le contexte ne viennent pas de moi mais du film Le Royaume de Ga'hoole de Zack Snyder datant de 2010. Si vous n'avez pas vu ce film que j'adore énormément, vous risquez fortement d'être spoilé ou de ne pas comprendre entièrement le contexte. 

    ~~~~~~~~~~~

    Le héros du grand arbre de Ga'hoole n'était plus Lyze de Kiel mais bel et bien le jeune Soren. Personne n'aurait pu prédire que cette jeune chouette, un jour, ai pu vaincre le redoutable Metal Beak. Les rêves de Soren, son courage et sa détermination avait fait de lui un vrai exemple pour tous ses semblables. Lyze de Kiel, lui-même, avait reconnu ces qualités en Soren. Il était un vieux hiboux maintenant. Ses chroniques, ses exploits, dans lesquels Soren avait grandi appartenaient au passé pour les nouvelles générations. Le héros des jeunes, c'était bien Soren. Lyze de Kiel avait mis les exploits de son disciple par écrit afin que tous se souviennent de son acte qui avait sauvé la vie à tant de chouettes. 

    Soren n'avait plus de temps pour lui. Il était entraîné par Lyze de Kiel et l'élite des soldats de Ga'hoole qui voyaient en lui l'âme d'un futur leader. De plus, Soren était très sollicité. Sa popularité faisait de lui la chouette la plus connue de l'arbre. 

    Cependant, malgré tout cela, Soren était hanté par la disparition de Kludd. Son frère jumeau, personne n'avait retrouvé son corps après la bataille. Soren l'avait vu sombré dans les flammes. Il s'était senti coupable de la mort de Kludd. 

    Mais dans cette histoire, il y avait une autre victime, qu'on oublié un peu trop souvent, la petite Eglantine. Encore, très petite, lors de cette bataille. Eglantine souffrait de la disparition de Kludd autant et même peut-être plus que Soren. Eglantine était alors trop petite pour comprendre les enjeux qui se jouait alors que le seigneur Alomer l'avait ramenée déboulunnée à l'arbre de Ga'hoole. 

    A présent, Eglantine avait grandi. Elle ne ressemblait plus à cette petite chouette craintive qui restait sans cesse en arrière. Elle avait appris à se battre comme Soren. D'ailleurs, même si ce n'était pas son frère qui l'entraînait, elle avait un bon mentor, car il s'agissait de Lyze de Kiel. Selon lui, Eglantine avait de l'habilité au vol ainsi qu'une grâce et une rapidité peu commune. Flattée des compliments, la chouette ne s'en ventait pourtant pas. 

    Eglantine sortait souvent en pleine nuit, près de l'océan, perchée sur un rocher, pour contempler les étoiles. Dedans, la chouette voyait des histoires qui appartenaient à la fois au passé, au présent mais aussi au futur. Elle rêvait de vies différentes qu'elle aurait pu connaître si des événements s'étaient produits autrement. Englantine était une rêveuse. Elle voyait le monde différemment des autres. Elle voyait les possibilités et les choix difficiles qui semaient d’embûches la vie. 

    La petite chouette rêvait aussi pour s'évader du triste sort qui s'était abattu sur sa famille. Elle avait perdu ses deux frères une fois. Tout à coup. Elle avait bien cru ne jamais les revoir. Elle se souvint que Soren lui racontait sans arrêt, dès qu'il le pouvait la féroce bataille entre le redoutable Metal Beak et le vaillant Lyze de Kiel. Elle avait cru ses deux frères perdus à jamais, morts. 

    Jusqu'au jour où un hibou vint la kidnapper du nid. Elle était alors totalement effrayée. Au bout du voyage, elle avait découvert une terre angoissante, où vivait, à présent, Kludd. Eglantine avait été dans un premier temps rassurée de le voir. Mais elle avait bien vite dechantée. Elle n'avait pas reconnu son frère en la chouette en face d'elle. Il était devenu obnubilé par la gloire, le pouvoir et la férocité. Il n'y avait pour lui plus qu'une seule loi et, il s'agissait, de celle du plus fort. 

    Englantine avait voulu rentrer chez elle. Quelle erreur elle avait fait d'en avoir parlé à son frère. Il n'avait eu aucun remord à la déboulunnée pour faire d'elle un gentil pantin des puissants Sangs-Purs que dirigeaient le grand Metal Beak. 

    Cependant, à cette époque, la formation de Kludd n'était pas encore tout à fait fini et il lui restait encore une trace de bienveillance dans le coeur. C'était, en tout cas, ce qu'Eglantine s'était efforcée de croire. Lorsque le seigneur Alomer était venu sur les terres de Metal Beak, Kludd lui avait donné Eglantine et un autre petit hibou pour que le traître Alomer les emmène à Ga'Hoole.

    Là-bas, Eglantine avait été soignée. La découverte des jeunes chouettes et hiboux réduits en esclavages avait déclenché une indignation générale des gardiens qui avaient décidé de réagir en allant les libérer sans savoir la trahison du seigneur Alomer. 

    Lorsqu'Eglantine avait reprit conscience, elle se trouvait près de son autre frère, Soren. C'était elle qui lui avait apprit que Kludd ne les considérait plus comme des membres de sa famille et c'était aussi elle, qui avait appris, à son frère, la trahison du seigneur Alomer. 

    Les gardiens étant déjà partis, Soren avait décidé de les poursuivre pour les avertir du danger et du piège auxquels ils allaient être confronté. 

    Eglantine n'avait pas assisté à la bataille finale. Elle n'avait pas cessé un instant de s'inquiéter pour ses frères. Elle ne voulait pas le malheur de Kludd malgré le fait qu'il avait fait d'elle une esclave.

    Puis, Soren et les gardiens étaient rentrés victorieux. Soren avait vaincu Metal Beak sous les yeux de Lyze de Kiel qui assurait que sans Soren, il ne serait plus de ce monde. Eglantine avait alors demandé à son frère ce qu'il était advenu de Kludd. Les yeux de Soren s'étaient assombris et elle avait comprit qu'elle ne le reverrait plus. 

    Sous les étoiles, Eglantine repensait à tout cela. Chacun avait un rêve. Soren avait eu celui d'être comme Lyze de Kiel, il avait toujours voulu vivre une grande aventure héroïque. Il avait réussi. Kludd, lui, avait eu des rêves plus sombres. La gloire et le pouvoir l'avaient toujours attiré. Aux côtés de Metal Beak, il avait vu ses espoirs les plus fous devenir réalité. Il s'était enfin senti supérieur aux autres, supérieur à Soren qu'il avait toujours jalousé. Mais il avait perdu tout par la suite. 

    Eglantine, quand à elle, n'avait qu'un seul rêve. Ce n'était pas un rêve plein d'ambition ni un rêve empreint de lumière. Juste un rêve banal et modeste. Elle aurait voulu avoir encore toute sa famille à ses côtés. Elle aurait voulu que Soren reste aussi proche d'elle qu'il l'était par le passé car, à présent, il n'avait plus de temps pour s'occuper d'elle. Elle aurait voulu que Kludd soit encore là. Malgré ce qu'il avait fait, c'était son frère et elle l'aimait pour cela. 

    Des rêves chacun en a. Des rêves se réalisent et d'autres non. On dit qu'il faut bien faire attention à ce que l'on souhaite car on pourrait finir par l'obtenir.

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    Et voilà pour ce petit one-shot qui me tenait à coeur. J'espère qu'il aura plus à certains ^^ 


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  • De la neige... Uniquement de la neige et de la glace. A perte de vue. Peu importe où vous alliez, vous étiez constamment entourés de ce paysage désert et immaculé. 

    A une époque, la Terre était bien différente. Il existait plusieurs climats selon les régions du monde. On trouvait alors par endroits, des forêts luxuriantes, des déserts se sables, des montagnes, des volcans, des plaines ensoleillés. Je n'ai rien connu de ce monde-ci qui a, depuis bien longtemps disparu. 

    Mon nom est Xiline Témozalème. Je suis une descendante des humains qui ont connu cette Terre. Comment la planète s'est-elle retrouvée gelée? La réponse est simple. La Terre connait des cycle. Il y en a des désertiques et des tempérés. Mes ancêtres ont vécu à une période dite tempérée, c'est-à-dire où il existait divers climats dans le monde. 

    Les livres racontent qu'à cette époque, les humains avaient une technologie très évolués. Ils avaient prévu que la Terre allait se retrouver en période désertique glaciaire à un moment. Les anciens humains s'étaient crus au-delà de la Nature. Ils ont eu tord. Leur arrogance et leur fierté leur ont coûté la vie. Doucement, la température a commencé à chuter, sur toutes les régions du monde. Les humains ont cru que de simples manteaux plus chauds allaient les aider à combattre la glaciation de la Terre. Ils se trompaient. Les humains de cette époque étaient stupides de croire pouvoir s'en sortir avec si peu. 

    Un virus avait alors fait son apparition et décimé une grande partie de la population terrestre touchant toutes les espèces. Le virus Az. Après avoir tué des milliards de personnes,  il ne restait plus que les humains les plus résistants. Actuellement, le virus existe encore mais notre corps est plus résistant face à lui et il est devenu pour nous une menace insignifiante. 

    Les Terre s'est gelée depuis le massacre fait par Az. Les corps humains ont évolué afin de moins craindre le froid. Nous vivons sous terre à présent. La surface, désertique, n'est pas pratique pour construire. Les réseaux sous-terrain se sont très rapidement imposés comme lieu de vie. Nous ne sortons à la surface que pour chasser.

    Je suis une chasseresse. Je n'ai que 16 ans mais j'ai été formé pour tuer dans la glace. Pour traquer mes proies  malgré le climat gelé. Mon rôle est de rapportée de quoi manger à mes semblables. J'ai un rôle des plus importants pour mon village sous-terrain. Nous sommes trois chasseurs. Il y a Grez, le plus vieux qui a maintenant une trentaine d'années et Zon, un plus plus âgé que moi. En général, les chasseurs ne sont pas des femmes car notre organisme, bien que résistant, est plus fragile face au froid. Cependant, je savais que chasseresse était ma destinée. J'ai tout fait pour en devenir une. 

    La technologie passée nous a abandonné. Après l'arrivée d'Az, les humains ont abandonné tout ce qui était informatique. Nous n'avons pas cependant régressé. Nous avons juste une façon de vivre différente de celle de nos ancêtres. Je pense que nous sommes plus proches de la Nature. Nous tentons de la protéger bien plus que nos ancêtres avec des méthodes plus efficaces. 

    La chasse n'allait pas être de tout repos. Une tempête de neige me fouettait le visage. Pourtant, j'étais chaudement habillée. Des bottes fourrés, un pantalon fait d'une matière que nous avons invité spécialement après le début de la glaciation afin de mieux résister au froid, un pull fait d'un tissu nommé laine ainsi que d'un blouson fait de la même matière que mon pantalon. Le tissu étant fin, il est plus simple de se déplacer rapidement mais aussi plus pratique pour viser avec le sniper que je porte en bandoulière sur mon dos. 

    Je suis seule dans le désert de glace. Mes deux partenaires de chasse sont partis chacun de leur côté. Nous ne chassons jamais ensemble car les proies sont rares et si nous nous séparons, nous avons plus de chance d'en tuer.

    Allongée dans la neige, cela va bientôt faire une heure que je guette l'approche d'un animal. Le vent glacial me pique violemment les joues. Le son des bourrasques est assourdissant. Je perds la notion du temps. 

    Quand je chasse, je me demande toujours ce qu'il se passerait si je venais à mourir de froid. Personne ne viendrait me chercher. Peut-être que Grez et Zon tomberaient par hasard sur mon corps. De toute manière, une espèce telle que l'Homme peut continuer de survivre. Chacun des membres de la société est remplaçable si on lui apprend ce qu'il faut. On ne pleure plus les morts car c'est bien trop fréquent. D'un part, par la présence d'Az qui sévit toujours malgré notre résistance et d'autre part car nous ne sommes pas une espèce faite pour vivre dans un désert de glace. 

    Je ne sens plus mes doigts. J'ai l'habitude. Je ramène mes mains vers moi et les serre contre moi afin de tenter de les réchauffer. Le vent qui transporte les flocons rend ma vision plus que limitée. La chasse est encore plus difficile avec ce temps. 

    Je décide de changer d'endroit. Je me relève avec difficulté, le vent rendant mes mouvements plus lents et surtout moins précis. Je marche dans une direction contraire au vent. Je progresse lentement. Remarquant que j'use trop rapidement mon énergie pour seulement quelques pas, je me rabaisse dans la neige et j'attend que la tempête se calme. 

    Au bout d'une demie-heure allongée dans la neige, je remarque que la tempête a baissée un peu en intensité.  C'est ma chance de me déplacer. Il n'est cependant pas question de retourner au village sous-terrain les mains vides. Trop de personnes comptent sur moi pour leur ramener de quoi manger. 

    Je ne sens même plus le froid. Mon corps s'y est habitué. Sous mes gants, je sais que mes mains sont bleutés à cause de la température qui est très basse. Je me mets à courir dans la neige afin de me déplacer plus vite sans perdre plus de temps encore. 

    Se repérer dans un désert n'est pas une chose aisée. Vous voyez de la glace partout autour de vous et le paysage ne change jamais. En pleine nuit, je sais me repérer à l'aide des étoiles mais c'est plus difficile de ne pas perdre son chemin en pleine journée comme c'est le cas actuellement. C'est pour cette raison que nous avons installé des balises à intervalles réguliers avec Grez et Zon. Les chasseurs qui étaient là avant nous faisaient de même. Nous avons repris simplement leur mode de fonctionnement. Les balises sont des plaques de métal sculptées  où se trouvent des indications pour retourner au village que nous plantons dans le sol dans toute notre zone de chasse. Je distingue une balise et m'en rapproche. 

    Je me place dans la neige attendant qu'une bête sauvage passe par là. Il n'est pas sûr que cela arrive. Je chasse depuis au moins deux bonnes heures et je n'ai croisé aucun animal pour le moment. 

    Enfin, à travers les flocons qui virevoltent dans l'air, je distingue une forme qui s'avant à travers la tête. Le gabarit de ce qui s'avance ne peut pas être humain car il est trop gros. Au moins, si je tire, je suis certaine que ce ne sera pas sur l'un de mes coéquipiers. 

    Mon sniper quitte mon dos pour se retrouver entre mes mains. Je vise la masse qui bouge non loin de là. Il me semble probable que se soit un ours polaire ou un caribou. Je sais que ces animaux ne se ressemblent pas du tout mais avec cette tempête, je suis incapable de juger de manière plus précise ce qu'est la bête que je m'apprête à abattre. 

    Je tire. 

    La bête s'écroule sur le sol après avoir poussé un hurlement d'agonie à vous donner froid dans le dos. Au son produit, je sais maintenant que je viens d'abattre un ours polaire. Ces créatures ont autrefois été protégé mais avec la glaciation, les ours polaires sont devenus des animaux très présents et dangereux pour l'Homme. Nous n'avons donc plus eu d'autres choix que de commencer à les tuer. En plus de nous protéger, les ours polaire nous serve de nourriture. Ce n'est que du bénéfique. 

    Je m'approche de l'ours étendu de tout son long sur le sol. Son pelage blanc est tâché à présent de rouge. Je m'agenouille près de la bête et en signe de respect je fais une minute de silence. Tous les chasseurs font de même après avoir tiré sur un animal. C'est notre manière de remercier la Nature. Peut-être trouverez-vous barbare ce que nous faisons mais comprenez bien que si ce n'est pas ces animaux qui meurent c'est nous. Il est connu que l'Homme est un être vivant égoïste. Son intérêt passe avant celui des autres. 

    Il m'est impossible de porter un ours tout seule. Je serais écrasée par le poids de la bête. Je sors alors de ma poche un appareil qu'on appelle un communicateur. Dans le temps d'autrefois, on appelait ces engins des téléphones. On aurait pu continuer à les nommer ainsi mais cela aurait raisonné comme faux car ce n'était pas les même appareils. Bien qu'ils ressemblent à leurs ancêtres, les communicateurs n'ont pas besoin des ondes pour fonctionner. C'est autre chose qui leur permet de fonctionner car l'électricité, nous ne nous en servons plus. C'était bien trop contraignant à notre goût. Dans les déserts de glace, les humains ne sont pas redevenus des Hommes des cavernes, ils ont juste décidé de s'adapter et de changer radicalement leur façon de vivre. L'énergie la plus utilisée s'appelle est l'eau. Il y a tellement de glace qui nous entoure que nous la faisons fondre pour nous en servir. Quant aux communicateurs, ils fonctionnent grâce à une nouvelle source d'énergie, le Termoplast. Je ne vous explique pas comment cela fonctionne car je n'en sais rien. Ce sont nos scientifiques qui savent. Notre société fonctionne sur le principe que chacun à son rôle. 

    Je tapote sur les numéros qui se trouvent sur le communicateurs avant de le porter à mon oreille. 

    "Xiline Témozalème à base rapatrieurs, dis-je près dans l'appareil.

    -Nous t'entendons, me répond une voix masculine. 

    Il s'agit de Marcusio. C'est toujours lui qui répond. Si un jour ce n'est pas le cas, je m'inquiéterais c'est sûr. Ce vieillard ne manquerait de répondre au communicateur pour rien au monde. Même malade, il se présentera à son travail. Cet homme est aussi un inventeur. Il connait tous les secrets de nos nouvelles technologies. Les gens comme Marcusio sont les moteurs de notre société alors que les personnes comme moi, font parties de la mécanique qui permet à notre société d'exister mais surtout de fonctionner. 

     -J'ai un ours polaire pour le village.

    -Bien reçu. Donne nous tes coordonnées et on t'envoie des rapatrieurs."

    Je transmets à Marcusio la position de la balise la plus proche. Je raccroche avant de m'asseoir dans la neige. Il ne me reste plus qu'à attendre.

    Au loin,  j'entends le bruit des moteurs des machines que conduisent uniquement les rapatrieurs. Il faut que je me relève pour qu'ils me voient. 

    Quelques heures plus tard, je suis rentrée. Je suis même chez moi. J'ai quitté mes vêtements chauds pour une tenue plus légère et plus agréable que mes habits de chasse. Grez a disparu. Ce sont les rapatrieurs qui me l'ont dit. Ils n'arrivent pas à le joindre sur son communicateur. Marcusio craint qu'il ne soit mort. Cependant, il ne s'inquiète pas du fait qu'une vie ait été prise, il s'inquiète du fait que si Grez est bien mort, le village comptera un chasseur de moins.

    Alors que je suis dans mon lit, je pense à Grez. Est-il vraiment mort? S'il n'est pas retrouvé très vite, il y a peu de chance qu'il s'en sorte. Les nuits sont beaucoup plus froides que les journées à la surface. S'endormir par un tel froid, comme dans les temps ancien, peut être mortel. Grez n'a aucune chance de s'en sortir s'il a été blessé et qu'il n'est pas capable de retourner au village. Si cela se trouve, il est rentré d'ailleurs. Je n'en sais rien après tout. Je me renseignerais demain matin. 

    La mort de Grez est officiel. Son corps a été retrouvé ce matin par Zon qui était parti chasser. Il avait interrompu sa chasse et était rentré au village. Nous étions tous les deux dans une pièce des galeries sous-terraines réservée aux chasseurs. 

    "Il y a plus que nous deux, soupire-t-il avec lassitude. 

    -On va bien nommer quelqu'un pour le replacer.

    Zon lève sa tête vers moi. 

    -Tu ne comprends pas! s'emporte-t-il. Personne ne veut terminer chasseur! Personne ne veut risquer sa vie à tout moment ni passer des journées à la surface dans la glace! Tu n'as pas vu le corps de Grez! Tu ne peux rien dire, Xiline! Tu ne comprends pas!"

    Il est inutile que j'essaye de le calmer. Il est bien trop énerver. Je ne comprend pas effectivement ce qui le met dans un tel état. Je pense que c'est le fait d'avoir vu le cadavre de Grez qui le perturbe. Je n'ai jamais vu de mort. 

    "Tu devrais aller te reposer. Je pense que tu en as besoin.

    Zon me fixe un bon moment. Puis, il se lève. Tout son corps exprime sa lassitude. 

    -Tu as raison."

    Il quitte la pièce me laissant seule. Mon regard se perd dans le vide. Je devrais être triste pour ce qui vient d'arriver à Grez. Mais ce n'est pas le cas. Je ne ressens ni peine ni joie. Juste de l'indifférence. Et je me déteste pour cela. Je connais Grez bien mieux que Zon. Sa mort aurait dû me faire quelque chose! Je suppose que je n'ai pas encore bien réalisé. 

    Ce n'est qu'au bout d'une semaine que je comprend réellement que Grez est mort. Je pleure. Très souvent. Plus que je ne le voudrais. Pendant mes chasses, je me surprend plusieurs fois  à avoir des larmes gelées par le froid qui coulent sur mes joues. Zon ne pleure pas lui. Quand il voit les traces de larmes séchées sur mes joues, il me dit systématiquement que je suis pathétique. 

    "La ferme, Zon! Tu n'as aucune leçon de morale à me donner."

    Il me laisse tranquille. Je veux être seule, totalement seule. Je ressens ce besoin incompréhensible de m'isoler de tous mes semblables. Par conséquent, je décide de monter à la surface du village.

    Le froid me mord les joues dès que je sors ma tête à la surface. Il fait beau aujourd'hui. Je dois avoir probablement de la chance. Je me mets aussitôt à marcher vers le sud. C'est toujours dans cette direction que je pars chasser. Seulement, aujourd'hui, je me promène simplement. Personne ne risque de me déranger. La plupart des habitants du village sous-terrain, ne viennent pas à la surface. 

    Je ne sais pas combien de temps de marche. A chaque pas, je sens le couteau que j'ai accroché à ma cuisse au cas où je croiserais une bête sauvage. De toute façon, avec ce temps clair, je la verrais arriver de loin. Je devrais me lasser de ce désert de glace. Pourtant, je trouve le paysage à couper le souffle.

    Mon esprit vagabonde loin de la réalité. Je me demande à quoi ressembler réellement le monde des anciens Homme. Leur monde... j'aimerais le connaître. Les Hommes étaient-ils meilleurs que nous? Leur façon de vivre était-elle si malsaine par rapport à la nôtre? Tant de questions auxquelles je n'aurais jamais aucune réponse. Un grand vide s'empare de moi. 

    Pour la première fois, je me rend subitement compte que je ne suis rien. Les anciens Homme, qui se croyaient si forts qu'on parleraient toujours d'eux dans le futur, étaient maintenant presque tous oubliés. Grez serait vite oublié. Il ne reviendra plus et pourtant tout le monde continue sa vie, peut importe sa présence ou son absence. Quand il m'arrivera la même chose, je serais moi-même bien vite oublié. 

    En m'asseyant dans la neige, je ressens un grand vide. C'est une impression étrange. En fait, j'ai l'impression de tomber dans le vide, comme si je venais de chuter. Ma respiration est lente. Alors, je me demande quel est mon rôle ici? Mon rôle sur Terre? Est-ce qu'au moins j'en ai un? Je me sens écrasée, oppressée par le poids du monde. Mon existence me parait être une farce, quelque chose de ridicule. Pourquoi l'humain existe si c'est pour lui reprendre tout ce qu'il a accomplit dans une vie, tout ce qu'il a construit de ses propres mains, lorsqu’il disparaît? Il n'y a aucune logique à ma pensée! D'ailleurs... pourquoi est-ce que je recherche une logique? Les pensées s'embrouillent toutes seules dans ma tête. Une migraine me fait grimacer. 

    Je rentre au village lorsque la lumière du Soleil décline  à l'horizon. Mes pieds s'enfoncent dans la neige. Je ne veux pas rentrer. J'ai plutôt envie de me jeter dans la neige, de m'y allonger et de rester là sans bouger. D'attendre que le temps passe, tout simplement. Mais ce n'est pas ce que je fais car je pourrais mourir de froid. Et, étrangement, il me parait hors de question de le faire. Il me parait inconcevable de m'allonger pour me laisser dépérir. Malgré que je n'aime pas spécialement le monde dans lequel je vis, une sorte d'instinct me pousse à vivre et à aimer la vie. 

    ***

    Les années ont passé. Les paysage du désert de glace n'a pas changé. Il est resté le même. Avec Zon, nous nous sommes rapprochés. Puis, nous sommes sortis ensemble. Et maintenant, je suis enceinte. Il ne le sait pas encore. Je comptait lui dire dans la soirée, une fois que je serais revenue de la chasse. 

    Malheureusement, les choses ne se passent pas forcément tel qu'on le voudrait. En pleine chasse, je suis tombée sur un rex. Les anciens humains ne connaissent pas cette bête. C'est une sorte de loup avec des cornes et des griffes acérées. Ces bêtes-là, elles ne vivent pas dans notre région normalement. Je n'en avais jamais vu. Et j'ai été blessée.

    Le reste, je ne m'en souviens plus. En fait, après cet épisode, je me suis réveillée dans une chambre aux murs blancs. Ma mémoire me semble effacée. Je me mets à paniquer. 

    "Xiline?

    Un homme me regarde. Xiline ? Est-ce à moi qu'il parle?

    -Comment te sens-tu? Tu m'as fait peur! J'ai cru que j'allais te perdre comme Grez il y a quelques années. 

    -Qui êtes-vous?"

     

     

     


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  • Et allez! Encore un one-shot tournant autour d'une histoire d'amour. Cette fois, c'est une petite fanfiction puisque les deux personnages principaux sont Juvia et Grey du manga Fairy Tail. 

    Je tiens à préciser que je fais assez rarement des fanfictions car, je préfère écrire mes propres fictions. Je devrais écrire plus de fanfictions parce que je les adore. Je veux aussi préciser que cette fanfic est écrite dans le cadre d'un concours, organisé par •Say-Raven•.

    ***************************************************************

    La guilde de Fairy Tail avait été dissoute par Makarov. Natsu et Happy avaient disparu tout d'un coup, sans prévenir personne. Lucy avait décidé de se lancer dans le journalisme. La guilde avait littéralement éclatée. Chacun partant de son côté. 

    Juvia avait, elle aussi, fait ses valises. Elle ne pouvait plus rester à Magnolia. Fairy Tail l'avait acceptée après la chute de Phamtom Lord. Elle avait enfin découvert ce que c'était d'avoir des amis. Et plus important encore, elle avait découvert l'amour. 

    Grey-sama... Rien que le fait de penser à son prénom remplissait la jeune femme d'une joie presque euphorique. Elle avait dès le premier regard eut un coup de foudre pour le mage de glace, qui était alors encore son ennemi. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle s'était fait battre par lui. 

    Depuis, Juvia avait multiplié les attentions envers celui qu'elle appelle sans cesse Grey-sama. Elle lui avait crié son amour désespérément. Malheureusement, Grey est resté impassible à ses avances. Pire encore, il l'envoyé souvent balader. 

    Même si Juvia avait toujours affirmé que le rejet de Grey n'était pas un problème, car elle était certaine que ses sentiments étaient partagés, cela lui brisait toujours le cœur de voir la force avec laquelle il la repoussait depuis tant de temps. 

    Dans combien de temps le reverrait-elle à présent? Et si jamais, elle ne le revoyait plus? Juvia préférais ne pas songer à cette éventualité. Dès qu'elle y pensait, son petit cœur sensible se serrait dans sa poitrine. Grey était l'amour de sa vie, elle en était persuadée et elle ne comprenait pas que le mage ne s'en rende pas compte. 

    De toute façon, maintenant que la guilde était dissoute, et qu'elle ne savait pas où le cherchait, Juvia se sentait vide. Magnolia était la ville où elle l'avait rencontré. Elle était la ville où elle avait rencontré tous les autres membres de Fairy Tail. La jeune femme prit sa valise et remarqua, uniquement à ce moment, qu'elle pleurait. 

    Seule... Elle avait passé trop de temps seule, à l'écart des autres. Enfant, on la détestait car elle provoqué la pluie. A Phamtom Lord, elle n'avait personne sur qui comptait. Puis, il y avait eu Fairy Tail. Et maintenant, elle venait de toute perdre. La solitude semblait être devenue sa compagne éternelle. 

    Les jours et les semaines commencèrent à passer. Juvia voyageait d'une ville à une autre en espérait trouver... Elle ne savait même pas ce qu'elle cherchait. La mage de l'eau était totalement perdue. Une pluie torrentielle la suivait, où qu'elle aille. Elle était malheureuse.

    Et puis, un beau jour, elle avait cru Le voir, Lui, dans la foule d'un marché d'une ville dans laquelle elle venait à peine d'arrivée. Prise d'un espoir fou, la jeune femme avait couru en slalomant à travers les gens pour Le rejoindre. Elle trébucha au moment où elle arriva à sa hauteur. Elle s’agrippa à cet homme qu'elle avait reconnu.  Oh! Ce n'était pas n'importe qui. C'était bien Lui! Elle l'aurait reconnu entre mille ! Ses cheveux noirs de jais... ses yeux aussi sombres que le charbon, ce regard si intense... Juvia, dès qu'elle vit son visage se mit à rougir. Il lui faisait toujours autant d'effet. Il lui en faisait même encore plus qu'avant. Il avait les yeux écarquillés de surprise.

    "Grey-sama..", souffla-t-elle, la voix nouée par l'émotion.

    Juvia se jeta au coup du mage de glace en pleurant. Il s'agissait de larmes de joie. Elle en tremblait même. Grey, malgré sa surprise, se ressaisit et ne se sentit pas la force de repousser Juvia qui paraissait vraiment dans un état de choque de l'avoir vu. Il ne voulait pas lui faire de mal et la repoussait était la dernière chose qu'il aurait fait dans cette situation. 

    Et puis, il devait bien avouer qu'à, lui aussi, cela lui faisait plaisir de la voir. Depuis un moment, il n'avait plus de contact avec ses anciens camarades de Fairy Tail alors, voir la mage d'eau, lui rappelait la belle époque passée. Juvia pleurait en se collant à lui. Et bien que Grey soupçonnait qu'elle en faisait un peu trop, il n'osa pas la repousser ne serait-ce qu'un peu. 

    Les deux mages se rendirent dans un bar afin de parler un peu. Juvia apprit que Grey voyageait, lui aussi , depuis la chute de Fairy Tail. Il voulait devenir encore plus fort. Elle était certaine qu'il y parviendrait. 

    "J'ai décidé de poser mes bagages dans cette ville. J'ai trouvé une vieille maison tout près d'ici, un peu dans les bois mais, au moins, je ne serais pas dérangé."

    Quand il lui expliqua ceci, la jeune femme bondit sur l'occasion et lui demanda si elle pouvait habiter avec lui. Grey haussa un sourcil et fut tenté de refuser mais, même s'il appréciait la solitude et le silence, un peu compagnie d'une personne qu'il connait bien ne lui ferait, sans doute, aucun mal. Ce qui le décida pleinement à accepter était le fait que Juvia se proposait de le combattre afin qu'il puissent, tous les deux, s'entraîner. La mage d'eau de retint de lui sauter au cou par crainte qu'il ne change d'avis. 

    Il lui montra la petite maisonnette qui se trouvait à l'orée d'une forêt. La pluie que semée Juvia sur son passage avait disparu depuis qu'elle avait trouvé Grey. Le monde qui l'entourait ne lui semblait plus si oppressant, si lugubre, si atroce. 

    C'est à partir de ce moment que les deux mages commencèrent à vivre ensemble. Depuis l'arrivée de Juvia, Grey se sentait moins seul et il avait, maintenant, quelque chose pour le motiver à devenir plus fort. Chaque jour, les deux mages s'entraînaient ensemble. Ils travaillaient, aussi , afin de subvenir à leurs besoins en nourriture. La seule véritable déception de Juvia était que Grey se refusait de dormir avec elle. Chacun avait sa propre chambre et le mage refusait toujours que Juvia vienne le rejoindre. 

    Le temps s'écoula. Des jours, des semaines puis des mois passèrent. Ni Juvia ni Grey ne parlait jamais de Fairy Tail. Le souvenir de la dissolution de la guilde leur faisait encore trop de mal et ils ne voulaient pas y penser.  Les deux mages, a force de passer du temps ensemble, se connaissaient de mieux en mieux. Grey s'était promis de veiller sur Juvia. Au fur et à mesure, il avait remarqué que Juvia était une femme sensible. Il trouvait même, à présent, l'attachement qu'elle avait pour lui, attendrissant alors, qu'avant, cela le gênait et avait le don de l'énerver. Grey savait que lui-même s'était, finalement, attaché à la présence de Juvia à ses côtés. 

    Grey voulait la voir heureuse et souriante. Elle l'était, justement, quand il était présent. Ils étaient dans leur bulle et même si les deux mages ne formaient pas un couple, ils en étaient un pour les gens de la ville d'à côté. Grey se faisait plus laxiste et la repoussait moins, ou plutôt, il le faisait mais avec une plus grande douceur.

    Et puis, un jour, Juvia eut un mauvais pressentiment. Rien n'avait changé dans le quotidien qu'elle menait. Cependant, son intuition, lui murmurait que quelque chose de mauvais arrivé. Elle était seule dans sa chambre, il faisait nuit. L'angoisse de son pressentiment lui opprimer la respiration.  C'était, en quelque sorte, une crise d'angoisse qu'elle faisait. Juvia se leva et marcha à tâtons, dans le noir, se rendant jusqu'à la chambre du mage de glace. Elle frappa à la porte et attendit qu'il lui donne la permission d'entrer. Il le fit d'une voix endormie. 

    "Juvia, ça va? demanda-t-il en s'asseyant et en allumant la lumière. 

    Il fut surpris de voir dans quel état était la jeune femme. Elle avait l'air de sortir d'un cauchemar, tremblante et en sueur.Elle ne lui répondit pas. Inquiet, il se leva et vient la prendre pour la faire asseoir sur son lit. Il l'entendit murmurait qu'elle n'allait pas bien, qu'elle ne voulait pas rester seule. 

    -Juvia peut dormir avec Grey-sama? 

    Devant la détresse de la mage, Grey ne put pas refuser. Il n'en avait ni le coeur ni l'envie. Elle s'installa dans le lit de Grey et celui-ci vint près d'elle. 

    -Je suis là. D'accord? Tout va bien. Tu peux dormir sereinement. 

    -Grey-sama peut-il promettre à Juvia de toujours la protéger?

    -Je te le promets."

    Ces paroles rassurèrent la mage de l'eau. Juvia ferma ses yeux et sombra dans le sommeil.

    Cette nuit-là, elle rêva de Grey, comme bien souvent d'ailleurs. Dans son rêve, Grey et elle avait fondé une famille. Ils avaient des enfants et vivaient heureux. Étrangement, dans le rêve de la mage, Fairy Tail s'était reformée. Il faut croire que la guilde manquait à Juvia et que tous les autres compagnons qu'elle y avait connu lui manquait encore malgré la présence de Grey. Après tout, les membres de Fairy Tail s'étaient toujours considérés comme une famille. Et puis, son rêve prit une tournure étrange. Grey la regardait et la serrait dans ses bras.

    "Je t'ai fait une promesse et je la tiendrais, lui disait-il. Mais il faut que tu comprennes que te protéger ne signifie pas forcément que je sois à tes côtés."

    Grey la regardait avec un regard empli de tristesse avant de l'embrasse. Ce baiser parut, pourtant, bien trop réel à Juvia pour qu'il ne soit qu'une simple illusion de son rêve.

    Peu après, la jeune femme se réveilla en sursaut. Elle regarda autour d'elle. Elle était seule dans le lit de Grey. Il n'était plus là et la fenêtre de la chambre du mage était ouverte. Prise de panique, elle se leva d'un bond et accouru à l'ouverture pour regarde à l'extérieur. Elle ne vit personne, juste la nuit calme. 

    "Grey-sama? appela-t-elle. Grey?! Grey?!"

    Juvia se rendit dans chacune des pièces de la maisonnette mais elle ne le trouva pas. Il était partit. Il l'avait abandonnée! Un grand vide s'empara de Juvia. Elle s'effondra en larmes ne comprenant pas le départ de Grey. Elle avait besoin de lui. Il lui avait promis de veiller sur elle et il venait de la laisser seule. De partir comme un voleur.  

    Depuis, la pluie tombait nuit et jour. Juvia était désespérée. Chaque jour, elle espérait le retour de Grey. Chaque jour, ses espoirs étaient détruits. 

    Et puis, un jour, Lucy, Wendy et Natsu arrivèrent. Elle se demanda pas comment ils avaient pu la trouver. Elle avait espéré que ce soit Grey mais elle ressentit tout de même de la joie en les voyant, eux. Cependant, la mage de l'eau était toujours aussi dépressive. 

    Quand elle apprit qu'il avait rejoint le rang d'une guilde noire au service de Zeleph, elle avait cru que c'était une mauvaise blague. Elle avait tout bonnement refusé d'y croire. Elle était certaine que Grey ne ferait jamais une chose pareille. Et elle avait raison. Le mage était en réalité en mission top secrète. 

    Quand Juvia l'avait revu après tant de temps, elle avait eu envie de le détester car il l'avait laissé sans un mot d'explication. Grey était bien conscient de la peine qu'il avait infligé à la mage et il en avait honte. Il ne savait pas comment se faire pardonner. Surtout que Juvia était incapable de le détester comme elle l'aurait voulu. 

    "Je suis vraiment désolé.

    -Grey-sama n'a pas tenu sa promesse. 

    -Je la tiendrais maintenant. 

    Il était déterminé à ne pas faire l'erreur de lui causer autant de chagrin une seconde fois. 

    -Comment puis-je en être certaine?

    -Juvia... accorde-moi une chance de me rattraper.

    -Juvia ne peut pas refuser."

    Le mage la regarda. Décidément cette femme était formidable. Elle l'aimait tellement qu'elle lui pardonnait tout. Il l'avait fait souffrir et elle lui pardonnait parce qu'il le lui demandait. Il fut touché par la sincérité et la pureté des sentiments de Juvia pour lui. Grey la prit dans ses bras et la serra contre lui. La mage écarquilla ses yeux de surprise mais elle enlaça, à son tour, le mage. 

    Ils restèrent blottis l'un contre l'autre un long moment. Juvia savourait chaque seconde passée dans les bras de Grey. Quand au mage de glace, il s'étonna de la chaleur et du bonheur que tenir Juvia contre lui, lui procurait. 

    L'Amour prend parfois des chemins tortueux pour arriver. Il faut le mériter. Certes, Juvia et Grey se sont cherchés durant longtemps mais ce n'est que le début de leur histoire. Et aucun des deux ne veut que cette dernière s'arrête avant de très nombreuses années. 

     


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  • Hello! Cela faisait longtemps que je n'avais pas posté une histoire courte. Celle-ci est pour le défi lancé par Sasha03 sur le thème de la magie de Noël. J'espère qu'elle vous plaira et vous fera retomber en enfance, une période d'innocence où tous les rêves sont encore possibles. 

    **********************************

    Les flocons de neige dansaient au gré du vent derrière la fenêtre devant laquelle se tenait une petite fille. Elle se trouvait dans une pièce chauffée par une cheminée. Il faisait bon alors que, dehors, il régnait un froid polaire. La petite fille observait, avec une lueur d'admiration dans son regard, le ballet orchestré par les petits flocons. 

    "Nora ! Viens boire ton chocolat chaud avant qu'il ne refroidisse", s'exclama une voix féminine, à l’intention de la petite fille. 

    La dénommée Nora s'éloigna, presque à regret de la fenêtre. Une fois son goûter pris, elle reviendrait voir danser la neige. 

    Nora n'avait pas plus de sept ans. Elle avait des joues rondes et un visage potelé, de grands yeux marrons, dans lesquels brillaient toujours de la curiosité. Elle avait des cheveux d'un blond très particulier, presque blanc.

    "Je pourrais construire un bonhomme de neige avec Luttie, après, grand-mère? demanda la petite fille en prenant la tasse de son chocolat chaud avec de la guimauve. 

    La grand-mère lui accorda un sourire bienveillant en lui caressant les cheveux.

    -Uniquement si tu te couvres bien. Il ne faudrait pas que tu tombes malade."

    Un grand sourire illumina le visage de Nora. Qu'est-ce qu'elle aimait venir en vacances chez ses grands-parents! Sa grand-mère était une vraie mamie gâteau, une vieille dame d'une grande gentillesse et toujours de bonne humeur. Son grand-père, lui... En fait, Nora avait bien du mal à le décrire. Elle le voyait beaucoup moins. Sa grand-mère lui répétait qu'il avait toujours un emploi du temps très chargé et qu'il était très occupé. Cependant, la mamie affirmait à sa petite-fille que son grand-père l'aimait de tout son coeur et qu'elle ne devait jamais en douter. Et Nora n'en doutait pas. La petite fille aimerait simplement passer plus de temps avec cet homme. Le peu de fois où elle avait l'occasion de le voir, il était comme sa grand-mère: une personne pleine de bons sentiments et toujours un éternel sourire rassurant scotché sur le visage. Voilà pourquoi Nora aimait venir ici: il y avait toujours, éternellement, cette ambiance de bonheur constant qui flottait. 

    Après avoir terminé son chocolat chaud, Nora prit quelques cookies que sa grand-mère avait préparé, un peu plus tôt dans la journée. 

    Ensuite, Nora s'habilla chaudement, enfilant son manteau le plus chaud, des après-skis, des gants et un bonnet. Elle était prête pour aller construire son bonhomme de neige.... Prête? Pas tout à fait! La petite fille devait d'abord aller chercher Luttie. 

    Nora traversa la maison de ses grands-parents pour se rendre dans un bâtiment qui lui était juxtaposé : la Fabrique des Merveilles. C'était là que son grand-père passait la plupart de son temps. Nora adorait cet endroit.C'était une sorte d'usine où il flottait toujours une délicieuse et alléchante odeur de pain d'épice.  Toutes les machines de la fabrique arboraient des couleurs chatoyantes faisant penser aux fêtes de Noël. Le grand-père de Nora était le dirigeant de la Fabrique des Merveilles. 

    La petite fille circula dans cet endroit à l'odeur de pain d'épice. Tous les employés la saluèrent en souriant en la croisant. Nora leur rendait tous leurs "bonjour". Les employés de son grand-père avait une toute petite taille, presque aussi petits que l'était Nora. Ils avaient de longues oreilles comme les personnages fantastiques des contes que lui lisait sa grand-mère. Ils étaient habillés entièrement de rouge et de vert et avaient un chapeau pointu sur la tête. Dans les livre, on les appelé "lutins". Aux yeux de Nora, toute ses personnes étaient les protégées de son grand-père.  

    Nora cherchait du regard un des lutins en particulier: Luttie. Cette dernière était la fille de deux lutins. Nora et elle avaient à peu près le même âge. Quand Nora venait en vacances chez ses grands-parents, elle passait des journées entières à jouer dans la neige avec Luttie. Nora trouva son amie avec Simon et Hans, eux aussi, ils étaient des petits lutins. 

    "Luttie! interpella Nora.

    Cette dernière se retourna avec un grand sourire en reconnaissant la voix de Nora. Luttie vint, immédiatement, vers elle.

    -Je ne t'attendais plus! Simon et Hans voulaient à prix faire des guirlandes pour décorer, encore un peu plus, la Fabrique des Merveilles. 

    -On va faire un bonhomme de neige? 

    Luttie se retourna vers les deux lutins occupaient à faire des guirlandes. 

    -Oui. Ils ne remarqueront même pas que je suis partie", rit Luttie. 

    Les deux filles se mirent à courir à travers la Fabrique des Merveilles pour se rendre à l'extérieur. Le changement de température fut brutal. Le froid mordit les joues de Nora. 

    Des flocons de neige tombaient encore, valsant dans les airs. La nuit commençait à tomber. Bientôt, le ciel serait illuminé par les étoiles et les aurores boréales. C'était un spectacle d'une beauté inégalable. Décidément, quand Nora venait voir ses grands-parents, elle se sentait transportée dans un autre monde, une monde rempli d'une sorte de magie. 

    "Comme j'aimerais vivre comme toi , tout le long de l'année, ici.

    -On ferait des bonhommes de neige tous les jours!"s'exclama Luttie. 

    Cette perspective plaisait beaucoup à Nora.

     

    Les jours suivants défilèrent à une vitesse impressionnante. Nora ne vit pas le temps passer. Noël arriva plus rapidement que prévu. C'était la nuit de Noël. La nuit où le père Noël ferait sa tournée du monde pour distribuer des cadeaux. 

    Nora mangeait avec ses grands-parents. Ils avaient pris place à table très tôt en fin d'après-midi. C'était une "tradition" à Noël. Puis, son grand-père partait et elle ne le revoyait que le lendemain. Nora n'avait jamais passé une veille de Noël avec lui. 

    A la fin du repas, le grand-père de Nora se leva, comme à son habitude. La petite fille savait qu'elle ne le reverrait plus avant le lendemain. Alors, pour une fois, elle se leva, elle aussi, pour attraper le manteau de son grand-père avant qu'il ne quitte la pièce. Ce dernier se retourna vers sa petite-fille. 

    "Nora? demanda-t-il, étonné. 

    -Grand-père... reste avec nous, s'il te plait.

    -Je ne peux pas, lui répondit-il en souriant et en lui caressant les cheveux. 

    -Je peux venir avec toi, alors? "

    Les grands-parents de Nora se regardèrent pendant plusieurs secondes, hésitants. 

    "D'accord."

    Les yeux de Nora s'illuminèrent d'une joie immense. 

    Nora suivit son grand-père qui traversa la Fabrique des Merveilles. Il e rendit jusqu'au hangar. Là-bas, Nora découvrit un grand traîneau attelé par des rennes. Les lutins mettaient des tas de paquets cadeaux dans un sac qui ne semblait pas avoir de fond. 

    Le regard de Nora s'écarquilla. Son grand-père s'installa dans le traîneau.

    "Je suis le père Noël, Nora."

    Elle regarda son grand-père avec un regard hébété et plein d'étonnement. Son grand-père était le père Noël! Et cette annonce lui sembla tout à fait logique quand elle y pensait. Tout coïncidait. Le vieil homme partit et revint vêtu de son fameux costume rouge. 

    "Viens avec moi."

    Nora monta dans le traîneau avec  son grand-père. Les rennes se mirent en marche et, une fois hors du hangar, ils sautèrent dans les airs et quelque chose de magique se produisit: le traîneau se mit à voler dans le ciel, tout comme les rennes. Nora se pencha au bord du traîneau pour constater que le sol s'éloigner de plus en plus. Elle vit, avec surprise, de la poussière dorée sortir de sous le traîneau et de sous les sabots des rennes. Son grand-père lui dit de faire attention et ne pas trop se pencher. Aussitôt, Nora se releva. Elle fixait, à présent, le ciel. Celui-ci était tout étoilé. La Lune brillait d'un éclat sublime. 

    Le père-Noël et sa petite-fille commencèrent à faire le tour du monde pour la distribution des cadeaux. Plusieurs fois, durant cette nuit unique, Nora put déposer des cadeaux aux pieds des sapins. Le traîneau du père Noël arpenta le ciel durant toute la nuit. 

    Au petit matin, quand l'aube s'était à peine levée, le traîneau revint à son point de départ. Les rennes rentrèrent dans le hangar. Nora dormait sur la banquette arrière. Son grand-père la prit dans ses bras pour la ramener dans son lit afin qu'elle puisse dormir.

    "Un jour, Nora, c'est toi qui fera cette grande tournée annuelle" dit-il en faisant un bisou sur le front de sa petite-fille. 


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