• Chapitre 8 : La Traversée

    Avalon avait découvert qu'elle avait le mal de mer. Depuis qu'elle était à bord du navire, elle était malade. Cette traversée sans fin lui était insupportable. Elle évitait, du mieux qu'elle pouvait de se retrouver en compagnie des autres membres du navire, que ce soit ceux de l'équipages comme les représentants de Red Harenae. 

    En tant que passagère de prestige, Avalon avait le droit à sa propre cabine. C'était une toute petite pièce qui ne comportait qu'un lit, un petit bureau et une chaise. Sur le vieux bureau, fait en bois, il y avait une petite lampe. Avalon était allongée sur son lit. Elle fixait le plafond de la cabine. La jeune femme resta un long moment comme cela avant de soupirer. Avalon n'avait aucune envie de se lever. Elle ne sortait de sa cabine que pour des besoins vitaux comme la nourriture et se laver. 

    Et justement, en ce moment, Avalon avait très faim. Elle soupira et se résigna à sortir de sa cabine. Après avoir ouvert la porte de cette dernière, Avalon vérifia que le couloir était désert. Elle espérait ne croiser personne. 

    Avalon se rendit dans les cuisines du navire. Elle connaissait les horaires où personne n'était là. Et, justement, elle était seule. Un petit sourire naquit sur les lèvres d'Avalon. La cuisine du bateau n'était pas très grande et assez sombre. Ce n'était absolument pas un lieu chaleureux. La cuisine était un endroit assez peu fréquenté en dehors des heures de repas. Il y avait deux cuisiniers, uniquement. Et ils passaient le moins de temps possible ici.

    Quand elle regardait autour d'elle, Avalon avait bien du mal à qualifier ce lieu de cuisine. Il y avait juste le strict nécessaire et cette pièce était si étroite... La jeune femme avait tellement hâte d'arriver à destination... juste pour revoir une véritable cuisine! 

    Avalon prit de quoi se rassasier un peu. Puis, elle retourna immédiatement dans sa chambre. La jeune femme fit des détours à travers tout le navire afin de ne croiser personne. C'était son objectif principal. Depuis le début du trajet, Avalon avait été plutôt douée pour ne voir personne et rester enfermée dans sa cabine. 

    La jeune femme s'installa devant son bureau. Elle posa la nourriture dessus et mangea tranquillement. Décidément... elle préférait les plats de chez elle. La nourriture qu'elle mangeait là était celle des Iles du Sud. Les mets y étaient bien plus épicés que dans les Iles du Nord. Avalon devrait s'y habituer. Les petits gâteaux nordiques de sa mère commençaient déjà à lui manquer. 

    Soudainement, on toqua à la porte de la cabine de la jeune femme. Depuis le début du trajet, cela n'était jamais arrivé. Avalon laissa son repas, qu'elle avait presque terminé, pour aller ouvrir. Elle se retrouva face à Kerdélia. La jeune femme écarquilla les yeux. 

    Les membres du Conseil avaient décidé que Kerdélia accompagnerait Avalon comme chaperon et conseillère ainsi "qu'alliée" dans ce nouveau monde dans lequel elle se rendait. A choisir, Avalon aurait préféré quelqu'un d'autre. Cependant, elle était tout de même contente d'avoir une personne de sa connaissance. 

    "Je vous dérange dans votre repas? demanda la vieille dame.

    Avalon se contenta de secouer de façon négative la tête. Puis, elle se décala pour laisser entrer Kerdélia dans la cabine. C'était la première fois, depuis le début du trajet, qu'elle venait voir Avalon. Cette dernière se portait très bien sans croiser le chemin de Kerdélia.

    -Vous vouliez quelque chose? 

    -Parler. Vous avez passé toute la traversée enfermée dans cette cabine. Nous arrivons dans une semaine. 

    Avalon écarquilla une seconde fois les yeux. Déjà? Elle n'avait pas fait attention au temps qui passait..

    -Votre réticence à cette union est visible par tous mais faites un effort, gronda Kerdélia sur un ton étrangement plutôt calme. Vous n'avez aucun allié sur ce bateau. Les représentants ont tous une mauvaise image de vous... Et votre animosité à leur égard n'aide en rien à arranger les choses. Avalon, cela sera encore pire une fois que nous serons arrivées. Vous devez agir autrement. Je suis une diplomate mais je ne pourrais pas contenir éternellement les habitants de Red Harenae contre vous.

    Avalon l'écoutait attentivement. Elle s'assit sur son lit. Elle savait que Kerdélia n'avait pas tort. 

    -Vous pouvez continuer de rester isolée pendant encore une semaine. Toutefois, quand nous serons arrivées, vous n'aurez que moi et vous ne pourrez plus vous cacher. 

    Avalon comprenait les craintes de la vieille femme. Bien qu'elle n'aime pas spécialement Kerdélia, Avalon ne voulait pas lui créer des ennuis. Et puis, comme venait de l'énoncer la membre du Conseil, c'était la seule personne en qui Avalon pouvait placer sa confiance. C'était dur  à  avouer mais c'était le cas. 

    -Bien. Je ferais des efforts. 

    Kerdélia esquissa un petit sourire de satisfaction. Elle s'apprêtait à partir de la cabine de la jeune femme quand elle s'arrêta soudainement. Puis, elle se retourna vers Avalon:

    -Une dernière chose, chère enfant, vous devriez sortir un peu de votre cabine pour vous habituer à la chaleur du sud. Enfermée  ici, vous ne sentez pas ce changement. La chaleur vous sera insupportable si vous ne vous y habituez pas. "

    Avalon écarquilla les yeux. Elle ne rêvait pas! Kerdélia venait réellement de lui donner un conseil. 

    Depuis le début du trajet, Avalon n'avait ressenti aucun changement de température. Elle avait été sotte de rester enfermée... Bien sûr que la température avait dû augmenter pendant le trajet. Les Iles du Sud étaient réputées pour leur grande chaleur. 

    Une fois la nuit tombée, Avalon sortit de la cabine qui lui servait d'antre. Elle avait attendu de longues heures, espérant que tout le monde dormirait. La jeune femme se faufila jusqu'au pont. Il était désert. Elle était seule. Un petit sourire se dessina sur son visage. 

    Ce soir-là, c'était une belle nuit. Il n'y avait aucun nuage dans le ciel et les étoiles brillaient de mille feux, tout comme la Lune. Le bois du pont avait été astiqué et il était agréable de marcher dessus. Avalon s'avança sur ce dernier. Puis, elle remarqua la chaleur qui régnait en ce lieu. Cela la perturba. L'air était frais et bon... mais aucun vent pour apporter de la fraîcheur. Elle dû rapidement enlevé la veste qu'elle portait pour ne pas avoir trop chaud. Avalon se retrouva en débardeur, ses bras étaient nus. Elle n'en revenait pas. En effet, elle n'aurait jamais imaginé que cela soit possible un jour. Les températures étaient si basses dans les Iles du Nord... Il était parfaitement impensable de sortir dehors avec un simple débardeur. 

    Avalon avança jusqu'à une rembarde du bateau. Elle fixa l'eau de l'océan. La jeune femme fut étonnée de la vitesse avec laquelle naviguait l'embarcation.  Elle respira une grande bouffée d'air qui lui irrita les poumons. Avalon prit peur. Si l'air était si chaud en pleine nuit... la journée, cela devait être un véritable sauna! Voilà un aperçu des premières difficultés qu'elle allait rencontrer. 


  • Commentaires

    1
    Mardi 24 Avril à 14:15

    Un chapitre qui se passe tout en douceur. Le côté passif de la narration véhicule un sentiment de calme. Le voyage à bord du navire ne semble pas enchanter Avalon, c'est même plutôt le contraire. J'espère qu'elle arrivera à se défaire des chaînes de la solitude dans laquelle elle est plongée, rencontrer de vraies personnes digne de confiance. Cela ne semble pas être une situation facile pour la demoiselle. Vivement la suite de l'histoire !

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :