• Chapitre 7

    Avalon fixait ses valises qui étaient empilées devant elle. C'était le grand jour! Oh oui! Le fameux jour de son départ. Avalon aurait largement préféré rester dans son lit, endormie, et le rester. Cependant, elle ne le pouvait pas. C'était impensable. Quelqu'un toqua à sa porte. 

    "Êtes-vous prête? demanda la voix de la vieille Kerdélia.

    Avalon vint lui ouvrir la porte.

    -Oui. Regardez, j'ai fini des faire mes bagages. 

    La vieille Kerdélia regarda celles-ci. En effet, Avalon semblait tout à fait prête à partir. Elle en fut satisfaite et elle acquiesça d'un sourire approbateur. 

    -Je suis ravie de vous voir accepter ce destin. 

    -Il me semble vous avoir déjà dit que je ne l'accepte pas. Au mieux, je m'y accommode mais ce sera tout. "

    Peu impressionnée par ces paroles, Kerdélia laissa, de nouveau, Avalon, seule. Le voyage commencerait en fin d'après-midi. Avalon attacha ses cheveux en une tresse. Elle avait décidé qu'elle ne se laisserait pas aller au chagrin pour son dernier jour en ces lieux. 

    Sa mère cachait son appréhension et sa crainte derrière un sourire forcé. Cependant, ses yeux brillaient d'inquiétude. Le père d'Avalon, lui, avait adopté un visage de marbre. Personne ne pouvait savoir ce qu'il pensait derrière l'expression si neutre de son visage. Isis, quant à elle, sentait bien que les choses n'étaient pas tout à fait comme d'habitude. Elle ne comprenait pas. Avalon, en la voyant, ressentit une grande peine. Isis avait beau être un chien, pour Avalon, c'était comme un membre de sa famille. 

    En fin de matinée, la jeune femme ne supporta plus cette étrange d'ambiance qui s'était installée dans la maison familiale. Elle voulait, bien entendue, passer ses derniers instants en compagnie de sa famille mais c'était trop dur.. Alors, elle sortit. Elle se promit, toutefois, de revenir, afin de passer encore quelques heures avec eux. 

    On ne se rend pas compte d'à quel point le temps est précieux... jusqu'à ce qu'on n'en ait plus. C'était l'impression que ressentait Avalon jusque dans ses entrailles. Elle avait beau tenter de se répéter que tout se passerait bien.. Elle ne parvenait pas à s'en convaincre. Comment aurait-elle pu ? A force de se torturer l'esprit à trop penser, Avalon ne réussit plus à faire un cheminement de pensées cohérentes. Elle n'arrivait plus à aligner les idées dans sa tête car elle ne voulait pas penser à son départ. 

     

    Quand on toqua trois fois à la porte de la maison familiale, Hermance se demanda qui pouvait bien venir leur rendre visite à une heure aussi tardive de la matinée. Il était presque temps de passer à table. Hermance fut surprise en ouvrant la porte de découvrir son amie, Avalon. Elle fut immédiatement prise de compassion pour celle. En effet, Avalon était loin d'aller bien. Elle avait l'air perdue et effrayée.

    "Entre", lui dit gentiment son amie pour la rassurer un peu.

    Hermance n'était pas sotte. Si Avalon était venue la voir, c'est qu'elle avait peur de partir. Elle savait combien la jeune femme aimait sa famille et le déchirement que cela devait lui provoquer de les quitter de façon si brutale. 

    Les deux jeunes femmes se rendirent dans la chambre d'Hermance. Avalon s'assit sur le lit et soupira.

    "Je te dérange pas? demanda-t-elle, alors, de façon soucieuse.

    -Oh... Avalon! Bien sûr que non. Je suis même contente de te voir... puisqu'on ne se reverra peut-être plus jamais...

    -Ne dis pas cela. La pensée de ne plus te revoir, toi... et ma famille me fait tellement de mal.

    -Je sais.

    Hermance ne pouvait pas comprendre la peine qui habitait, en cet instant, son amie. Mais elle pouvait la deviner en voyant l'état dans lequel elle était.

    -Je sais que personne ne fait cela.. Mais j'essaierais de venir te rendre visite, un jour, dit Hermance pour rassurer la jeune femme, en face d'elle. 

    Hermance s'assit à côté d'elle et posa sa main sur le bras de son amie pour lui montrer, de manière plus physique, son soutient. 

    -J'espère que tu y arriveras."

    Aucun habitant des îles du nord n'allait dans les îles du sud et inversement. C'était une situation bien singulière que ces représentants de Red Harenae soit là. Dans tous les livres qu'elle avait lu, aucune situation comme celle-ci ne s'était produite. 

    Hermance proposa qu'elles aillent manger en ville. Avalon accepta, bien évidement. Les deux jeunes femmes se rendirent dans une petite brasserie, près du port. La décoration était rustique mais chaleureusement, tous les meubles étaient en bois vernis. C'était un lieu particulièrement apaisant. Avalon et Hermance s'installèrent à une table, près d'une fenêtre qui donnait sur le port. 

    "Tu vois ce bateau, Hermance? demanda Avalon en montrant un navire immense. 

    -Il est magnifique, sourit Hermance. 

    -Il quittera le port de notre belle île, ce soir. Et je serais dessus", sourit tristement Avalon.

    Son regard se posa sur bateau dans lequel elle voyagerait pour l'île de Red Harenae. 

    Les deux amies déjeunèrent. Hermance faisait tout pour détourner les pensées d'Avalon de son départ. Et cela réussit. A force d'efforts, Hermance réussit à faire ce qu'elle voulait. Avalon sembla alors bien plus détendue. 

    Malheureusement, la réalité rattrape toujours les moments de joie. Et les heures ayant défilées, il fut temps pour Avalon de rentrer chez elle. Elle voulait passer ses dernières heures avec sa famille. 

    Le peu de temps qu'il resta à Avalon à être avec sa famille passa si rapidement. C'était toujours quand on voulait que ce dernier se passe lentement qu'il défilait à une vitesse sans égal. Ce fut un véritable déchirement qui se produisit dans le coeur d'Avalon quand elle quitta sa maison avec ses bagages. Ses proches l'accompagnèrent jusqu'au port. 

    Là-bas, il y avait déjà les représentants de l'île de Red Harenae. Ils étaient particulièrement pressés de partir au grand désespoir d'Avalon. Erold s'occupait de charger les bagages d'Avalon sur le bateau. Elle le regardait faire avec pas mal d'appréhension sur sa vie future. 

    Le temps des adieux arriva. Pleurant comme une madeleine, la mère d'Avalon prit sa fille dans ses bras, en la serrant contre elle. Jusqu'ici, la femme s'était retenue. Pourtant, c'était trop dur de voir sa progéniture partir de cette façon en sachant qu'elle ne la reverrait plus. Cette pensée l'étouffée depuis des jours. La mère d'Avalon l'avait refoulée autant que possible... mais, là, c'était trop dur de se rendre compte que tout devenait concret. Le père d'Avalon avait toujours son masque impassible sur le visage... bien que ce dernier ait l'air, pour une fois, un peu fissuré. La jeune femme lisait, dans le regard de son père, un profond chagrin de la voir partir. Avalon le regarda avec un léger sourire triste. Elle enlaça son père. Avalon ne lui démontrait pas souvent son affection, parce que c'était une personne distante... Mais c'était un moment très particulier. Hermance était présente mais plus en retrait. Les deux jeunes femmes s'enlacèrent pour se dire au revoir. 

    Finalement,  ce fut l'heure de monter sur le bateau afin de prendre le large. Avalon monta sur le bateau. Elle ne regarda pas en arrière. Si jamais elle avait le malheur de le faire... elle savait qu'elle ne pourrait pas partir. Il lui en serait totalement impossible. 

    A côté d'Avalon se tenait Méréditha, et, de l'autre côté, il y avait la vieille Kerdélia. Elle avait été choisi pour servir de chaperon à Avalon sur ces terres inconnues... Et puis, Kerdélia avait fait son temps, c'était ce qu'elle avait dit. Le Conseil n'avait plus besoin d'elle. 

    Alors que le navire s'éloignait de la banquise. Avalon fixait l'étendue de glace qu'elle ne reverrait plus. De ses yeux coulèrent des larmes qu'elle ne put maîtriser.

    C'était une nouvelle page de sa vie qui commençait, et plus largement, alors qu'elle n'en avait pas conscience, une page du monde dans lequel elle vivait.


  • Commentaires

    1
    Mardi 20 Mars à 22:01

    Triste chapitre. Beau, mais triste. Et qui nous laisse dans ce suspense de "Red Harenae"... et de ce mystérieux fiancé.

    2
    Mardi 20 Mars à 22:03

    Et oui... cette île ainsi que le fiancé d'Avalon tardent  à apparaître ~

    3
    Mardi 20 Mars à 22:08

    Mais allez, je ne perd pas espoir. On s'en rapproche. Lentement mais sûrement. Je me demande tout de même combien de temps durera cette traversée...

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