• Chapitre 6

    Image de christmas, gingerbread, and cute

    -Image: We Heart It-

    Pendant le banquet, Avalon laissa traîner ses oreilles pour avoir le plus d'informations possibles sur les représentants de l'île de Red Harenae. Elle porta une attention toute particulière à leurs noms. Aucun ne se prénommait Tybalt. De toute évidence, le fiancé d'Avalon n'avait pas daigné faire le voyage pour se rendre jusque dans l'île où avait grandi Avalon. 

    Pendant le repas, Méréditha répéta plusieurs fois qu'elle avait déjà le mal du pays. Cette île avait un climat bien trop froid pour elle. La jeune femme portait un regard assez hautain sur tout ce qui l'entourait. L'attention d'Avalon se focalisa plus sur elle que sur n'importe quel autre des représentants. Cela n'était pas dit clairement, mais visiblement, Méréditha, malgré son assez jeune âge, semblait diriger ce petit groupe. 

    Cette dernière semblait également garder un oeil sur Avalon. Les deux jeunes femmes se jaugeaient pour essayer de s'analyser avant la prochaine conversation qu'elles auraient. 

    Finalement, cette soirée, dont Avalon ne voyait pas la fin, se termina. La jeune femme rentra chez elle. Elle fut ravie que les représentants de l'île ne dorment pas chez eux. Peu sereine, Avalon se glissa dans son lit. La date de son départ se rapprocher bien plus vite qu'elle ne le pensait. Le sommeil avait dû mal à gagner Avalon. Elle repensa à Méréditha. Les deux femmes allaient passer du temps ensemble. Et, pour le moment, elles étaient bien loin de s'entendre. Une pensée terrifia Avalon: et si son fiancé était du même tempérament que sa représentante. Alors que ses pensées se bousculaient dans sa tête, ce fut la fatigue qui emporta la jeune femme. 

    Le lendemain, Avalon se leva aux aurores. La première chose qu'elle fit, ce fut d'aller nourrir Isis. 

    "Ma belle, on va aller faire un tour, après."

    Avalon avait envie de se retrouver seule. Bien qu'elle le soit dans sa chambre, ce n'était pas assez pour elle. La jeune femme avait envie de faire un point dans sa tête. Elle avait besoin de réfléchir. Avalon retourna dans sa chambre. Elle troqua son pyjama contre ses habits. Ensuite, Avalon attacha ses cheveux en une tresse. Elle prit l'une des capes les plus chaudes qu'elle possédait. Puis, Avalon regagna la cuisine où Isis terminait son repas. 

    Ensuite, la jeune femme sortit avec sa chienne. Il faisait encore sombre dehors.  Le ciel était nuageux et il neigeait. Des petites flocons tombaient lentement. Le paysage était, comme chaque jour de l'année, d'un blanc éclatant. Isis gambadait près de sa maîtresse dans la neige fraîche. Avalon siffla et Isis vint aussitôt près d'elle. 

    Avalon grimpa sur le dos d'Isis. Cette dernière était si énorme qu'elle pouvait, sans aucune difficulté, porter Avalon. La jeune femme s'agrippa à la fourrure épaisse d'Isis. Quelques secondes plus tard, Isis se mit à courir. Bien accrochée, Avalon sentait un vent glacial lui fouetter le visage, la neige lui arrivait en pleine face. Cependant, la jeune femme était habituée. C'était toujours comme cela lorsqu'elle chevauchée le dos d'Isis. Les jours où il ne neigeait pas étaient tellement rares! 

    Isis courait à travers un paysage d'un blanc immaculé. Avalon profitait de cette vue simple et naturelle qu'elle trouvait enchantée. Elle sentait le vent lui caressait, à présent, le visage. Une impression de liberté s'empara d'Avalon. 

    C'était dans les moments où elle se sentait le plus perdue qu'elle s'autorisait ce genre d'escapade. Et cette fois-ci, Avalon avait ressenti l'appel du grand air. Elle respira à plein poumon pour sentir l'air frais envahir ceux-ci. Avalon aurait aimé avoir cette sensation pendant des heures et des heures, voir pour le restant de ses jours. Cependant, Avalon savait que c'était impossible. Et elle devait rentrer si elle ne voulait qu'on s'inquiète de son absence. A contrecœur, Avalon ordonna à Isis de faire demi-tour après s'être, très longtemps, baladées.  

    Le Soleil avait déjà bien monté dans le ciel quand Avalon arriva chez elle. La jeune femme descendit du dos d'Isis. La première chose que fit l'animal fut d'aller boire de l'eau. En rentrant dans sa maison, Avalon put voir la vieille Kerdélia attablée dans la cuisine. Elle buvait une tasse de café en mangeant des petits biscuits très mous. En la voyant, Avalon la trouva réellement ressemblante à une petite mamie inoffensive. Cependant, elle n'oubliait aucunement que Kerdélia était un des membres du Conseil des plus influents.  

    "Où étais-tu ? demanda Kerdélia. 

    -Je me baladais. N'ayez crainte, je ne compte pas m'enfuir."

    Avalon n'était pas idiote et elle savait que c'était le sous-entendu derrière la question qui venait de lui être posée. Kerdélia craignait qu'elle ne décide de s'enfuir, se cachant, pour éviter ce mariage arrangé qui ne l'enchantait pas vraiment. Et Avalon avait pensé à cette solution. Mais elle ne voulait pas décevoir ses parents... elle ne voulait pas leur causer de problème et elle n'avait aucune envie d'affronter, par la suite, les foudres du Conseil. Elle le savait, que si elle décidait de se cacher, elle ne pourrait pas le faire pendant une période très longue. Elle serait obligée de refaire surface.. et.. à ce moment, tout le monde lui tomberait dessus. Et Avalon ne doutait pas, une seule seconde, que la sentence à laquelle elle serait exposée serait terrible. 

    "Tu passeras la journée avec Méréditha", l'avertit Kerdélia tout en sirotant son café.

    Cette annonce fit naître une grimace sur le visage de poupée d'Avalon. Elle n'avait pas tellement hâte de passer autant de temps avec cette ambassadrice de Red Harenae.  Et ce moment arriva un peu trop tôt. 

    Méréditha insista pour faire le tour de la ville dans laquelle avait toujours vécu Avalon. Cette dernière lui servit de guide mais les deux jeunes femmes ne marchaient pas dans rue... non, non, Méréditha, qui trouvait qu'il faisait bien trop froid, avait terriblement insisté pour que cette "promenade" se fasse dans un véhicule bien confortable et chauffé. Avalon trouvait cela bien dommage. Elle aurait préféré marcher dans la neiges, sentirent ses bottes s'enfoncer dans celle-ci, avoir des flocons lui tombant sur le visage... C'était des sensations qu'on ne ressentait pas dans un véhicule. 

    "Comment faites-vous pour vivre sur des terres si froides? demanda soudainement Méréditha en frissonnant. 

    -Je pense que je me poserais cette même question lorsque je viendrai sur votre île.

    Cependant, ce n'était pas le froid que craignait Avalon mais plutôt une chaleur étouffante. Arriverait-elle à s’acclimater. 

    Le silence s'installa entre les deux jeunes femmes. Avalon fixait Méréditha. 

    -Un problème? finit par demander la jeune femme qui n'aimait pas qu'Avalon la fixe.

    -Non, aucun.

    -Alors, pouvez-vous cesser de me regarder? 

    -Comment est-il ? finit par interroger Avalon. 

    Méréditha fronça les sourcils en dévisageant son interlocutrice. Puis, elle comprit de quoi... ou plutôt de qui elle parlait. 

    -Il a un nom, vous savez. Mon rôle n'est pas de vous dire comment est Tybalt. Aimez-vous les surprises? 

    -Pas vraiment, surtout en ce moment, grinça des dents Avalon.

    La jeune femme était un peu frustrée que Méréditha refuse de répondre à sa question. 

    -Et bien, vous aurez la surprise de le découvrir."

    Avalon aurait adorait effacé du visage de Mériditha son petit sourire qu'elle trouvait fortement énervant, en cet instant précis. Avalon ne voulait absolument pas avoir la surprise de découvrir son fiancé. Elle voulait avoir des informations que lui... Elle voulait connaitre la vie qu'il l'attendrait là-bas.

    Alors qu'elle était complétement dans ses pensées, Méréditha observait la jeune femme en face d'elle. 

    "Vous vous inquiétez trop, je peux le lire sur votre visage, lâcha-t-elle sur un ton de reproche. 

    Avalon fronça les sourcils. 

    -Est-ce un problème?

    -Pour le monde qui vous attends, oui ,c'est un problème."

    Bien ! Maintenant, on lui faisait clairement comprendre qu'elle devrait apprendre à cacher ses opinions derrière un visage impassible. C'est, en tout cas, de cette façon qu'Avalon comprenait les paroles de son interlocutrice. 

    "Alors, puis-je compter sur vous pour m'expliquer ce qu'il convient que je fasse ou non ?

    -Ben entendu, c'est mon rôle", soupira Méréditha comme s'il s'agissait d'une pure évidence. 

    Tout d'un coup, le temps de quelques secondes, Avalon se rendit compte qu'elle n'était pas si affreuse que cela. Enfin, peut-être.... Il faudrait encore un peu de temps à Avalon pour comprendre si Méréditha était plus une alliée qu'une ennemie.

    Dans la semaine, Avalon put constater que Méréditha tentait de la reprendre dès qu'elle considérait qu'elle n'agissait pas selon sa convenance. Avalon eut, également, beaucoup l'occasion de parler avec Erold, qui, étrangement, semblait dire qu'elle convenait parfaitement pour le "profil" qu'ils recherchaient. C'était un peu l'histoire du bon et du mauvais flics dans les livres et les films. Avalon ne faisait confiance à aucune de ces personnes venant de Red Harenae. Cependant, elle était consciente d'un énorme problème: bientôt, elle partirait avec eux... Et elle n'aurait aucun allié. Elle serait comme un mouton qu'on aurait jeté dans la fosse aux loups. 


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