• Chapitre 37

    Astoria peignait énergiquement ses longs cheveux. Elle était en retard et elle n'avait plus que quelques minutes devant elle avant de se rendre à son travail. La sorcière avait emménageait dans un quartier en périphérie de Londres depuis qu'elle était capable d'être indépendante financièrement de ses parents. 

    Un dernier coup d'oeil dans son grand miroir permis  à Astoria de vérifier qu'elle était présentable. Elle portait une petite jupe noire et un pull rouge bordeaux, presque noire. Elle avait nouée ses cheveux en une queue de cheval haute. Monsieur Twistle détestait quand elle arrivait négligée à la librairie. Il était très pointilleux sur l'image que renvoyait son employée et lui-même. Il était ronchon et perfectionniste mais Astoria apprenait beaucoup  à ses côtés. 

    La librairie de Monsieur Twistle était sur le chemin de Traverse, un lieu incontournable pour la communauté sorcière. Astoria s'estimait vraiment chanceuse qu'il ait accepté de l'employer de lui apprendre les ficelles du métiers. La devanture de la librairie était dans un style très rustique et boisé. Il y avait un lierre rampant le long du mur peint en rouge avec, dessus, des motifs de rosemaling. Dès qu'elle arrivait devant, Astoria était fière d'y travailler. 

    Ce matin-là, il y avait un arrivage d'ouvrages et Monsieur Twistle avait demandé à Astoria de les ranger. Astoria adorait quand de nouveaux livres arrivaient à la librairie. Il y avait toujours de beaux grimoires aux couvertures splendides et cela lui faisait quelques frissons quand elle pouvait les admirer de plus près. Des fois, il y avait de très vieux livres et Astoria était fière de pouvoir les manipuler et les ranger dans une section spéciale de la librairie. 

     "Astoria! Viens! Nous allons bientôt ouvrir et j'ai à te parler. 

    Astoria sortit de la réserve où elle rangeait les stocks pour rejoindre Monsieur Twistle à l'avant de la librairie. Monsieur Twistle était un homme d'un âge avancé, toujours habillé d'un pantalon noir et d'une chemise blanche. Il avait une barbe blanche extrêmement bien taillée et des lunettes rondes posée sur son nez. 

    -L'arrière boutique est prête? demanda le vieil homme en la regardant. 

    -Un membres du ministère de la magie va venir aujourd'hui récupérer une commande. Je l'ai préparé et elle se trouve sur mon bureau. Tu n'auras qu'à la remettre quand notre client arrivera. Le ministère a déjà payé. 

    -Vous ne serez pas là?  s'étonna Astoria. 

    -Non, je dois aller voir une nouvelle maison d'édition de livres de potions. Ils souhaitent que je vende leurs livres. Toutefois, je préfère voir la qualité des ouvrages et leur fabrication avant d'accepter. Je te fais confiance pour bien gérer cet endroit, ma petite. Je serais de retour ce midi."

     Astoria n'appréhendait pas de gérer la librairie en l'absence du patron. Elle se sentait comme un poisson dans l'eau entourée de tous ces livres. Il n'y eut pas énormément de clients et Astoria passa une matinée plutôt tranquille.

    Alors qu'Astoria finalisait le paiement d'un sorcier venu acheter un livre de recettes magiques, le tintement de la clochette annonçant un nouveau client retentit. Astoria leva la tête pour lui souhaiter la bienvenue dans la boutique mais aucun son ne sortit de sa bouche. Ses yeux s'arrondirent d'étonnement. 

     

    Un pantalon noir, une chemise blanche, une cravate noire, une veste noire et des cheveux blonds presque blancs impeccablement peignés... Voilà comment était physiquement Drago Malefoy quand il entra dans la boutique "Librairie Twistle". Ses yeux gris analysèrent aussitôt les lieux. Il n'était jamais allé dans cette librairie avant aujourd'hui. Drago n'était pas le plus grand lecteur qui soit et Monsieur Twistle n'était pas un expert dans les ouvrages scolaires dont avait eu besoin le Prince de Serpentard pendant sa scolarité. 

    Le client qui était avec Astoria fila assez vite en reconnaissant le nouvel arrivant. Il faut dire que le visage de Drago Malefoy était devenu tristement célèbre après la Bataille de Poudlard et tous les procès qui ont suivi... Déjà que le nom de Malefoy était connu comme le loup blanc...

    "Bonjour, finit par réussir à articuler Astoria.

    La dernière fois que la sorcière l'avait vu, c'était sur une photo d'un journal qui expliquait les détails des procès des mangemorts. Astoria le dévisagea quelques secondes. Il avait encore grandi par rapport aux souvenirs qu'elle avait de lui à Poudlard. Il ne ressemblait plus à un adolescent arrogant et méprisant. Il était devenu un jeune homme à l'allure stricte et au regard glacial impénétrable. 

    -Je viens chercher une commande du ministère de la magie, déclara-t-il avec une voix traînante. 

    Aussitôt, Astoria se reprit et avança les documents préparés par Monsieur Twistle vers lui. Drago les regarda et commença à vérifier qu'il y avait tout. Puis, il releva la tête vers la vendeuse de la librairie.

    -Greengrass..., lut-il sur le badge accroché au pull de la sorcière. Astoria? 

    Elle hocha la tête.

    -Vous... Tu... Enfin, je ne pensais pas... le ministère de la magie?"

    Astoria avait envie de se mettre une claque pour ces paroles qu'elle venait de prononcer et qui n'avaient aucun sens. Elle avait hésité car elle ne savait pas si elle devait vouvoyer ou tutoyer Drago. 

    -C'est toujours cet effet déroutant qui se produit quand les gens que je croise apprenne que je travaille au ministère de la magie. C'est pourtant un excellent moyen pour eux de me garder à l'oeil. Et le tutoiement n'est pas un problème. Je pensais que tu ferais des études de médicomagie. 

    Cette dernière remarque était plus rhétorique qu'autre chose mais Astoria lui répondit.

    -C'est en effet ce que je souhaitais après Poudlard... Mais, en voyant certaines blessures, je tombais trop facilement dans les pommes. Ce n'était pas pour moi. J'ai changé d'orientation et je suis parfaitement ravie de mon choix. 

    Il devait n'en avoir rien à faire de son petit parcours post-Poudlard. Pourquoi venait-elle de lui étalait sa vie comme cela? 

    -Je vois. La commande est bien complète. A bientôt."

    Et le sorcier tourna les talons sans attendre qu'Astoria ne lui réponde et il sortit de la librairie avec sa commande sous le bras. 

    Ce n'est qu'une fois que la porte de la boutique se referma et qu'elle se retrouva seule qu'Astoria percuta qu'elle avait retenu sa respiration. Elle avait été intimidée par Drago Malefoy et ne s'était pas du tout attendue à le croiser. Dans son imagination, l'héritier de la famille Malefoy vivait reclus dans son manoir familial avec sa mère, couvert de déshonneur et de honte, cherchant une sorcière sang-pure qui accepterait de l'épouser pour redorer son nom au sein de la haute société sorcière. C'était très sombre et terne comme avenir qu'elle lui avait prédit et elle n'aurait pas cru le revoir un jour. Et elle n'aurait pas imaginé qu'il puisse travailler au ministère de la magie. Avait-il un travail important? Et une dernière question surgit dans son esprit: comptait-il revenir? En effet, il lui avait dit "à bientôt" et non "au revoir". 

    Monsieur Twistle revint à sa boutique peu après midi. Lorsqu'il arriva, il vit son employée en train de passer un coup de balai dans la librairie.

    "Et bien, ma petite, ça ne va pas? Tu es tout pâle.

    - Non, tout va bien."


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