• Chapitre 3

    Image de gif, night, and anime

    -Gif: We Heart It-

    Face à un miroir, assise sur une chaise dans une chambre, Edwige observait son reflet tandis qu'Azalie lui tressait les cheveux. Après sa discussion avec Ronan concernant ce qu'elle était, il l'avait congédiée et avait donné l'ordre à Azalie de s'occuper d'elle. 

    "Edaline, que tes cheveux sont doux!" s'exclama Azalie. 

    Edaline... Edwige allait devoir s'habituer à ce qu'on l'appelle de cette façon. Apparemment, c'était son véritable prénom, celui que la Lune aurait choisi pour elle. Ici, personne ne la nommerait Edwige. Elle repensa aux dernières paroles que lui avait prononcé Ronan: elle n'était plus de ce monde pour ses proches... Qu'avait-il voulu dire? Elle n'avait pas eu le temps de lui poser la question car il l'avait faite partir bien avant qu'elle ne puisse prononcer ne serait-ce qu'un mot. 

    Edwige fixa son reflet dans le miroir. Ses cheveux étaient maintenant d'un beau bleu nocturne, il n'y avait aucun doute là-dessus et ses yeux s'étaient encore plus éclaircis, devenus mauves avec une sous-teinte tirant vers le gris perle. Sérieusement, elle avait beaucoup de mal à se reconnaître physiquement.

    "Pourquoi est-ce que mes cheveux et mes yeux ont changé de couleur? demanda-t-elle à Azalie qui chantonna.it une musique inconnue à Edwige

    -Tu sais, c'est naturel. Sûrement un effet de ce que nous sommes. Avant, mes cheveux étaient blonds et mes yeux marrons. Tous les Enfants de la Lune ont des cheveux et des yeux de couleurs dites inhabituelles. Il ne faut pas t'en faire pour cela. 

    Edwige hocha la tête. Puis, elle interrogea Azalie sur les dernières paroles de Ronan. Elle devait savoir ce qu'il avait sous-entendu par là. La fille aux cheveux bleus vit le visage de celle aux cheveux roses s'assombrir légèrement. 

    "Oh... Et bien, en tant qu'Enfant de la Lune, vivre parmi les humains pourrait te causer des ennuis. Tu serais trop facilement repérable pour nos ennemis. Tu as déjà pu le constater la nuit dernière. Il est donc préférable que ceux qui te connaissaient te pensent morte. 

    Le visage d'Edwige se mit à pâlir. Morte? Mais c'était affreux! 

    -Et ceux qui ont vu les loups hier?! Et mon corps?! Comment mes proches peuvent-ils me penser morte s'ils ne voient pas mon corps?!

    La discussion lui donnait un peu la nausée. Azalie hésita à lui répondre quelques instants mais elle jugea qu'Edwige.. enfin Edaline, avait le droit de savoir. Maintenant qu'elle avait rencontré Ronan, Azalie pouvait bien lui éclaircir les quelques points encore sombres de cette histoire.

    -J'ai modifié leurs mémoires. C'est ma capacité: je peux moduler la mémoires des gens. Je peux leur rajouter comme leur effacer des souvenirs. Mais je suis, par exemple, incapable de lire dans leurs pensées... J'ai effacé de la mémoire des personnes présentes hier soir, les souvenirs concernant les loups. Et pour ton corps... C'est le Marionnettiste qui s'en est chargé."

    Edwige n'en croyait pas ses oreilles. Cette fille pouvait effacer des morceaux, voir la totalité, de la mémoire d'une personne! C'était dingue! Edwige devrait pourtant s'habituer à la bizarrerie car elle avait les pieds en plein dedans. Mais tout allait bien trop vite pour elle. Elle demanda, d'une voix plus faible, qui était le Marionnettiste. Azalie lui apprit qu'il s'agissait d'un Enfant de la Lune qui pouvait modeler des objets comme il le souhaitait. Il avait modelé, à partir d'un morceau de bois, le corps inanimé d'Edwige, donnant une parfaite illusion d'elle-même. Un faux corps pour un faux motif de mort: après avoir trop bu, elle serait tombée contre le rebord de la fenêtre, se cognant la tête tellement fort qu'elle en serait morte. 

    Le cauchemar continuait, entraînant un tissu de mensonges qui se profilait autour d'Edwige. C'était une véritable horreur de faire croire ce genre de choses. C'était même totalement morbide. Azalie parlait d'un ton léger, comme si ce genre de sujet était tout à fait normal. 

    Les deux filles partageaient la même chambre et elles allèrent dormir. Edwige mit du temps à trouver le sommeil. Des larmes coulèrent sur ses joues car elle prenait enfin conscience de tout ce qui se passait autour d'elle. Elle n'arriva pas à dormir avant que la fatigue n'ait raison d'elle. 

    Le lendemain, quand elle se réveilla, Edwige avait déjà l'esprit plus claire. Disons qu'elle commençait tout juste  à assimiler tout ce qu'on lui avait appris. Se levant, elle remarqua qu'Azalie dormait encore, du coup, elle ne fit aucun bruit et partit s'habiller, enlevant les tresses que la fille aux cheveux roses lui avait fait la veille. Edwige s'observa attentivement dans le miroir. Ses cheveux étaient vraiment bleus, elle avait du mal à s'habituer à cette couleur, assez peu naturelle. Ses yeux non plus, elle n'arrivait pas s'habituer à leur nouvelle couleur. En fait, elle ne se reconnaissait pas. Les traits de son visage n'avaient pas changé mais elle ne se ressemblait plus vraiment. C'était une impression très étrange qu'elle ressentait en se regardant dans le miroir. Elle était incapable de mettre des mots dessus. 

    Son observation de sa nouvelle apparence s'arrêta avec l'arrivée d'Azalie qui la salua avec un grand sourire. Cette fille ne quittait jamais son sourire radieux? Edwige se demanda si, elle aussi, elle avait connu ce qu'elle était en train de vivre. Probablement. Azalie se mit à lui parler d'un ton joyeux qu'elle pourrait lui présenter plein de monde de l'Ordre Lunaire. 

    Les deux filles se rendirent dans une grande salle. Le manoir n'était plus aussi sombre qu'hier soir. Il semblait plus accueillant. Edwige ne quittait pas Azalie d'une semelle. Elle parlait assez peu. Une fois dans la grande salle, qui servait de réfectoire, Edwige fut impressionnée par le nombre de tables, pouvant accueillir assurément toute une armée. Et pas mal de monde mangeait. Au loin, Edwige reconnut le loup-garou d'hier soir, un certain Droy si sa mémoire était bonne. Si le manoir n'était plus aussi effrayant, cet homme le rester. Il mangeait entouré d'un grand groupe de jeune hommes et jeunes femmes. 

    "Droy est le chef d'une brigade de loup", chuchota Azalie. 

    Oh... Donc, ces personnes qui l'entouraient étaient des loups. Bien... Azalie s'arrêta au niveau d'une personne recouverte d'une grande cape. On ne discernait rien de son visage, cachée derrière un masque entièrement rouge. 

    "Edaline, laisse-moi te présenter le Marionnettiste. 

    Edwige fut étonnée qu'Azalie la présente sous ce nom-ci et puis, non, en fait, c'était dans la logique. Elle devait simplement s'y habiter. Edwige était du passé, maintenant, elle n'existait plus, c'était Edaline qui existait. Cette question d'identité mettait mal à l'aise Edwige. Elle ne se reconnaissait plus physiquement mais elle restait, tout de même, la même à l'intérieur. Si l'apparence était celle d'Edaline, les deux avaient en commun la même façon de penser car les deux étaient la même personne. Seul le prénom changeait. Mais ce simple changement, léger comparé au reste, perturbé hautement Edwige. 

    -Enchantée. 

    En réalité, elle ne l'était pas du tout mais, par politesse, elle devait bien montrer bonne mine et se montrer un minimum sociable. Le Marionnettiste ne lui adressa aucune parole. Edwige était même incapable de dire s'il s'agissait un homme ou une femme. Il hocha la tête et se remit à manger comme si Azalie et elle l'importunaient. Edwige s'agaça un peu et elle ne comptait pas se faire ignorer. 

    -Tu pourrais répondre quand on te dit quelque chose, c'est la moindre des politesses, lança-t-elle à l'intention du Marionnettiste. 

    Ce dernier arrêta son repas, se tourna vers Edwige et se leva. Edwige se sentit inférieure, comme dominée par le Marionnettiste, qui faisait une bonne tête de plus qu'elle. Ce dernier la contourna et partit de la salle.

    -Ce n'est pas quelqu'un de très sociable, m'apprit Azalie. Et le Marionnettiste ne parle jamais. Personne ne connaît le son de sa voix."

    Oh? Edwige se sentit rougir de gêne. Venait-elle de faire une gaffe? Enfin, à cause du Marionnettiste toute sa famille la pensait morte alors bon... C'était déjà mal parti entre eux. 

    Azalie lui présenta encore tout un tas de personnes en faisant le tour de la salle. Et en toute honnêteté, Edwige serait bien incapable de se souvenir de tous les noms et visages. Puis, la fille aux cheveux roses lui proposa d'aller manger. C'était une proposition qu'Edwige s'empressa d'accepter, son estomac lui réclamant de la nourriture. Azalie la conduisit devant le buffet où se trouvait tant de'aliments appétissants. 

    Après que chacune ait pris ce qui l'intéressait,  les deux filles traversèrent la salle pour aller s'asseoir. Azalie semblait avoir ses petites habitudes puisqu'elle se dirigea vers une table, tout au bout de la salle, dans un coin, plus petite que la majorité des autres, contre un mur. Il y avait déjà un garçon qui y était assis quand elles arrivèrent. Azalie posa son plateau.

    "Edaline, j'ai failli oublié de te présenter..

    Elle ne finit pas sa phrase, coupée par Edwige:

    -Paul?!

    -Oh? Vous vous connaissez? s'étonna la fille aux cheveux roses. 

    Le dénommé Paul se retourna vers Edwige et la regarda des pieds à la tête avant de répondre, de manière sincère, par la négative à Azalie.

    Edwige le regarda des pieds à la tête. Un instant, elle se demanda si Paul était aussi un Enfant de la Lune. Mais elle abandonna très vite cette hypothèse car il avait les même cheveux et les même yeux que la dernière fois qu'elle l'avait vu, c'est-à-dire, il y a déjà un peu moins de deux ans environs. Ils étaient dans la même classe mais il a changé de lycée à la fin de cette scolaire-ci.. Tout comme... Oh non, Edwige ne voulait pas me souvenir de lui, l'autre.. 

    Si Paul n'était pas un Enfant de la Lune... 

    -Tu es un loup? 

    Paul la regarda et haussa un sourcil avant de se tourner vers Azalie.

    -C'est quoi sa capacité à celle-là? Elle retrace la vie des personnes qu'on lui met sous le nez? grogna-t-il. 

    -A vrai dire, Edaline n'a pas encore passé son examen de capacité. "

    Edwige se sentait légèrement exclue de la discussion bien que cette dernière la concernait. De toute évidence, avec ses cheveux bleus et ses yeux mauves, Paul n'avait pas reconnu en l'apparence d'Edaline celle qu'il avait pu connaître, autrefois, sous le nom d'Edwige. Celle-ci se demanda, d'ailleurs, ce qu'était l'examen de capacité dont parler Azalie. Encore quelque chose qu'elle ne comprenait pas et cela commençait à devenir assez frustrant. 

    Les deux filles se joignirent à Paul pour manger. Edwige ne posait aucune question. C'était une bonne chose que Paul ne l'ait pas reconnue. Elle n'apprécié par ce garçon par le passé et, rien que de voir sa tête, l'agaçait. Pourtant, il semblait parfaitement s'entendre avec Azalie. Cette dernière posa sur le plateau d'Edwige une petite bouteille remplie d'un liquide rouge. Edwige fixa le liquide de ses yeux mauves.

    "Du sang?" demanda-t-elle.

    Azaliz lui répondit par l'affirmative. Elle ajouta qu'Edwige devait le boire sinon, elle risquait de très vite s'affaiblir. La fille aux cheveux bleus grimaça et décidé de commencer son petit-déjeuner avec le sang. Elle ouvrit la bouteille et bu, d'une traite, son contenu. Le goût n'était pas celui auquel elle s'attendait. Ce n'était pas aussi mauvais qu'elle l'avait imaginé... Il faut croire que sa transformation en Enfant de la Lune lui permettait d'apprécier le goût du sang... 

    "Comment va-t-il au fait? demanda tout à coup la fille aux cheveux roses à l'intention de Paul.

    -Oh.. Il se remet de son combat, répondit Paul en lançant un regard vers Edwige. Tu sais que tu en as de la chance, toi? Sans l'intervention de mon cousin, tu serais vraiment morte à l'heure qu'il est, ajouta-t-il. 

    Edwige sentit un profond mal être se creuser au plus profond de son être. Elle repensa à certaines paroles prononcées par Ronan. Il lui avait dit que certains loups faisant partis de l'Ordre Lunaire et protégeaient les Enfants de la Lune au détriment de leur propres vies. 

    Attendez. Paul venait-il bien de parler de son cousin? Un prénom s'imposa alors à l'esprit d'Edwige et elle espéra fortement se tromper. 

    -Je confirme, renchérit Azalie. Tu devrais passer le voir, pour le remercier", sourit-elle. 

    La filles aux cheveux bleutés hocha la tête malgré le fait qu'elle redoutait de se retrouver face à cette personne. Si comme Paul, son cousin, ne la reconnaissait pas, cela serait une véritable chance pour elle. 

    Après le petit-déjeuner, Azalie insista pour lui présenter le cousin de Paul, le grand blessé qui avait risqué sa vie pour Edwige, selon les dires de Paul. Azalie s'était alors empressée de rajouter que le loup prenait un malin plaisir à trop en rajouter, tout le temps, exagérant, dés qu'il en avait l'occasion. Et pourtant, Edwige avait le pressentiment qu'il y avait un fond de vérité dans les dires de Paul. Elle se demanda si le cousin de Paul n'était pas le loup, car elle en avait déduit que c'était, comme lui, un loup, qui avait sauté sur celui qui la maintenait à terre. Et puis, le cousin de Paul n'était peut-être pas celui auquel Edwige pensait. Après tout, elle savait que Paul avait beaucoup de cousins. 

    Quand ils étaient dans la même classe, il y avait aussi un cousin de Paul. Celui-ci, Edwige le connaissait depuis bien plus longtemps que Paul, depuis les années du collège, en réalité. Et il avait changé d'établissement en même temps que Paul. A ce moment de sa vie, Edwige était certaine de ne plus jamais les recroiser, ce qui l'avait grandement soulagée... Si elle avait su...

    Azalie conduisit Edwige à travers un labyrinthe de couloirs pour arriver dans une section de chambres réservées aux "loups de type mâle". Elle s'arrêta devant une des portes et toqua. Les deux filles entendirent un "entrez" très clair. Edwige n'avait même pas besoin qu'Azalie ouvre la porte pour reconnaître la voix qui venait de leur donner cet ordre. 

    Les deux filles entrèrent. La chambre est en fait un dortoir de six lits dont un seul est occupé. Azalie s'approcha en indiquant à Edwige d'en faire autant. Elle s’exécuta mais à contre coeur craignant d'être reconnue. 

    Le seul occupant, pour le moment, de la chambre, était allongé sur un lit, sous une couverture. Un pansement énorme collé sur sa joue gauche. 

    "Tu as l'air plutôt en forme, ce matin, Antonin, le félicita Azalie. Je voulais te présenter celle que tu as sauvé, Antonin, voici Edaline, et Edaline, je te présente Antonin. Elle est l'Enfant qui a subi le Réveil, hier. "

    Alors qu'Edwige allait le remercier par politesse, Antonin ne lui en laissa pas le temps. Il la fixait.

    "Quelle ironie, n'est-ce pas, Edwige?"


  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Mai 2016 à 14:08
    Je suis choquée par la fin ! o_Ô "J'aurais dû te laisser crever !" OMG, je comprend pas !! x)
    2
    Samedi 7 Mai 2016 à 20:10

    tu comprendras plus tard ^^ Et aussi, il ne l'appelle pas Edaline mais Edwige ^^ 

    3
    Dimanche 25 Septembre 2016 à 17:25

    J'ai modifié la fin XD Et j'ai réécris les chapitres d'avant avec moins de fautes d'orthographes. Et maintenant que j'ai fini d'écrire Jeu Dangereux, je vais pouvoir me consacrer à cette fiction-ci :)

    (Le chapitre 41 de Jeu Dangereux sortant aujourd'hui à 18h30)

    4
    Mardi 1er Novembre 2016 à 18:23

    C'est plutôt marrant qu'Antonin n'ait rien dit à son cousin à propos d'Edwige qu'il avait reconnu. 
    En tout cas, j'adore ! ;)

    5
    Mardi 1er Novembre 2016 à 20:32

    Attends un peu tu vas trop vite XD

    6
    Mercredi 2 Novembre 2016 à 03:59

    Ahah ! Oui j'ai vu au chapitre d'après x) 

    7
    Jeudi 10 Novembre 2016 à 17:36

    Super chapitre. Ohoh ce Antonin me plait déjà *désolé pour le retard* ;) *va lire l'autre chapitre*

    8
    Jeudi 10 Novembre 2016 à 18:29

    On l'a pas encore vu beaucoup mais contente que ce personnage te plaise. ^^ 

     

    9
    Jeudi 10 Novembre 2016 à 18:54

    C'est vrai ;)

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