• Chapitre 28

    Astoria avait mis du temps à se rétablir de la punition que lui avait infligée Dolores Ombrage. La jeune sorcière avait mis plusieurs jours avant d'être de nouveau capable d'écrire normalement. Astoria se faisait discrète. Elle se savait encore dans la ligne de tir de la détestable Pansy mais elle n'en avait pas grand chose à faire. 

    Astoria était à la bibliothèque avec Mary et Cameron. Ce dernier écrivait les cours pour elle le temps qu'elle soit complétement guérie.

     "Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'y ait pas allé de main morte avec toi, Tori, grimaça Mary.

    La jeune sorcière n'aurait certainement pas aimé être à la place de son amie.

    -Je l'ai probablement méritée, répondit Astoria en haussant les épaules.

    Cameron secoua la tête.

    -N'importe quoi. C'est la chose la plus aberrante que j'ai pu entendre de ta bouche. "

    Astoria lui offrit un sourire rayonnant. La sorcière avait bien saisi qu'elle n'avait plus intérêt à se montrer insolente. Jusqu'alors, Astoria avait pensé qu'Ombrage était un monstre mais avec qui ne pouvait pas détruire... quelque part, elle avait pensé que tout était dans l'apparence de la menace. Bien sûr, elle avait déjà vu des élèves se faire punir par elle mais ils se remettaient rapidement. Astoria n'avait pas été confrontée directement à ce monstre ressemblant à un bonbon rose. 

     

    Un jour sombre pour le monde des sorciers... Un événement terrifiant venait de se produire. Non pas un mais dix mangemorts avaient réussi à s'évader de la célèbre prison d'Azkaban. Cette nouvelle faisait froid dans le dos. C'était un sujet de discussion qui animait toutes les conversations parmi les élèves de Poudlard. Toutefois, le Ministère de la Magie niait le retour de Voldemort. Cette rumeur avait fini par commencer à s'estomper mais elle était de nouveau d'actualité. Tous les événements s'étaient passés si rapidement. 

    Une interview d'Harry Potter parut. Il soutenait l'inverse de ce que tentait d'étouffer le Ministère de la Magie.

    "Je ne suis pas sereine...

    -Mary... Ce ne sont que des rumeurs."

    Astoria croyait de moins en moins à ce qu'elle racontait. Mary était de plus en plus soucieuse et Astoria avait beau lui dire qu'elles étaient en sécurité à Poudlard, plus elle le disait, moins elle y croyait. Comment ces sorciers avaient-ils pu s'échapper en si grand nombre de la prison la plus sûre du monde des sorciers? C'était un fait sans précédent. Dolores Ombrage avait bien essayé de faire en sorte que l'interview du Survivant ne soit pas lu dans les couloirs de Poudlard mais c'était peine perdu. L'interdiction n'avait fait que renforcer l'envie de lire cet interview de la part des élèves de la célèbre école de sorciers. 

    Astoria remarqua un changement qui s'opérait peu à peu à Poudlard. Un vent de révolte soufflait à l'encontre de la nouvelle dirigeante. Peu était ceux qui soutenait Dolores dans l'enceinte du vieux château. La jeune Serpentarde, elle-même, espérait voir cette vipère déguerpir le plus rapidement possible de leur établissement. Une scolarité sans crainte et calme... voilà ce que désirait la cadette des soeurs Greengrass.

     

    Patronus... En voilà un sort qui intéressait fortement Astoria. "L'armée de Dumbledore" se trouvait dans la Salle sur Demande. Harry Potter venait d'annoncer, qu'aujourd'hui, ils apprendraient le sort du Patronus. C'était un sort que la jeune Astoria avait hâte de connaître. C'est vrai, qui ne rêverait pas de pouvoir invoquer un animal protecteur, baignant dans une douce lumière rassurante, capable de repousser des créatures ténébreuses? 

    Rapidement, Mary réussit à invoquer le sien. Cependant, ce fut bien plus long pour Astoria qui n'y arrivait, tout simplement, pas. Le patronus de Mary avait pris la forme d'un chat. Alors qu'Astoria sentait qu'elle allait finir par, enfin, maîtriser le sort et faire apparaître son patronus, la porte de la Salle sur Demande s'ouvrit subitement. Dolores Ombrage venait de débusquée l'armée de Dumbledore. 

     

    Le nom du club clandestin était une opportunité en or pour le ministère de la magie de faire arrêter le très célèbre Albus Dumbledore. Rapidement, le sorcier perdit son titre de directeur au sein de l'école de Poudlard pour être remplacé par Dolores Ombrage.

    "C'est un vrai cauchemar, se lamenta Astoria, assise sur un divan de la salle commune de sa maison.

     Cameron haussa les épaules.

    -Cela pourrait être pire. Quand alliez-vous me dire que vous faisiez parties d'un club clandestin avec Mary?"

    Astoria grimaça légèrement. Visiblement, Cameron n'avait pas encore digéré le fait qu'elle et Mary aient fait parties de l'armée de Dumbledore. Il leur reprochait de lui avoir caché un fait aussi important.  Astoria savait qu'elle aurait un peu de mal à regagner la confiance de son ami mais elle savait, aussi, pertinemment, qu'elle y arriverait. L'irritation de Cameron venait, également, du fait qu'il s'était fait largué par sa copine. C'était un sujet qu'il ne voulait absolument pas aborder et Astoria n'allait pas mettre encore plus les pieds dans le plat. 

    Daphné fit irruption, les bras croisés, devant sa soeur.

    "Je peux te parler, Astoria? demanda-t-elle.

    Étrangement, le ton de sa voix sonnait plus comme un ordre qu'une demande.  Astoria regarda en direction de Cameron qui se leva pour s'éclipser.  Daphné s'installa à côté de sa soeur. 

    -Tu es vraiment stupide. Tu ne pouvais pas rester loin des ennuis, pour une fois, Tori? Tu fais absolument tout de travers. 

    -Je fais mes choix et mes propres erreurs. Mais, au moins, je prends mes propres décisions."

    Daphné, qui, jusque là avait un regard sévère, sembla s'adoucir. Elle s'y prenait sans doute mal, mais Daphné voulait que sa soeur ait une existence sans soucis. En réalité, les sorciers sang-purs n'avaient pas une vie aussi heureuse qu'on pouvait facilement le penser. Les enfants de ces familles avaient, très généralement, des destins déjà tout tracés. Ils devaient répondre aux attentes du reste de leurs familles et leur éducation était assez stricte. Si Astoria voulait à ce point faire ses propres erreurs et choix, cela ne serait pas un chemin facile qu'elle emprunterait. A vrai dire, Astoria craignait de devenir comme sa soeur. Daphné était la fille forte qui savait s'entourer de ceux de la même "caste" qu'elle. Elle était la parfaite fille de bonne famille qu'on attendait d'elle. Astoria, elle, c'était la rêveuse,  la discrète, celle qu'on ne mettait pas en avant. Et ce rôle dans l'ombre de Daphné convenait à Astoria qui, en grandissant, avait l'impression qu'on la privait de sa liberté. C'était infime, bien sûr, mais Astoria le savait... Elle devait être à l'image de ce qu'on voulait qu'elle soit. Et malheureusement, Astoria avait peur de se perdre, de ne plus être celle qu'elle était. 


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