• Chapitre 19

    Jamais Astoria n'avait autant détesté son nom. Greengrass.... Voilà un nom qui sonnait doux quand on le prononçait. Mais c'était, comme beaucoup trop de choses dans ce monde dans lequel elle vivait: un trompe-oeil. 

    Daphné, il y a quelques minutes encore, venait de lui rappeler que les choix qu'elle ferait ne seraient jamais entièrement les siens. C'était son nom qui devait lui dicter les décisions qu'elle prenait. Cette constatation rendait folle de rage, intérieurement, la sorcière. Extérieurement, même si elle n'avait pas l'air au plus grand de sa forme, elle ne donnait pas l'air qu'un orage se déchaîné dans ses pensées. 

    Des souvenirs revinrent en mémoire à Astoria. Elle se rappela des longues heures, de son enfance, passée avec sa soeur en compagnie de leurs parents qui leur répétait qu'il fallait préserver, durant toute leur vie, l'honneur de leur nom.  La famille Greengrass n'était pas n'importe laquelle des familles lambda de sorciers. C'était une lignée noble, à la pureté du sang irréprochable: des sangs-purs. De ce fait, Daphné et Astoria avait été éduquées à avoir une certaine prestance, à se comporter avec la fierté dû à leur nom. Et, bien entendu , il était totalement impensable que l'une d'elles n'entache la réputation et l'image de la famille. C'était le fardeau qui pesait sur chaque membre d'une famille de sang-pur. Et pourtant, ce fardeau était encore plus difficile à porter pour des enfants vivant dans une communauté qui évoluait. De plus en plus, on accordait la gloire au mérite plus qu'au sang. Et cela, les vieilles familles ne le supportaient pas.Elles voulaient, absolument, conserver leur place privilégiée. C'était d'ailleurs pour cela que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom avait eu, et avait encore, de nombreux fidèles.  

    Daphné n'avait jamais vraiment eu de mots durs envers les nés-moldus. Elle n'avait jamais discriminer un sorcier pour une histoire de sang. Sa relation avec sa soeur s'était détériorée depuis le début de sa scolarité à Pourdlard. Les deux soeurs s'étaient éloignées. Astoria ne trouvait pas que sa soeur ait choisi les meilleures fréquentations possibles au sein de leur maison. 

    Dans son lit, sous sa couverture, Astoria aurait préféré penser à des choses moins graves, comme ses cours ou des banalités de la vie...  

    Cette nuit-là, Astoria dormit affreusement mal si on pouvait dire qu'elle avait dormi. 

    Au petit déjeuner, Cameron nota la contrariété qui s'affichait clairement sur le visage d'Astoria. Au début, il hésita à lui demander ce qui n'allait pas. Cependant, le sorcier renonça. Le sujet avait tellement l'air de la perturber qu'il se disait que c'était mieux si elle décidait d'elle-même de lui en faire part. Astoria mangeait sans appétit. Elle buvait pour se désaltérer car son corps en avait besoin. Ses gestes étaient mécaniques. Physiquement, elle était présence. En réalité, elle était perdue dans ses pensées.

    Plus tard, dans la matinée, Astoria croisa Angus qui lui offrit un grand sourire. La petite sorcière le lui rendit avec une certaine réserve ce qui n'échappa pas à son petit copain qui fronça, le temps d'une fraction de seconde, ses sourcils. Une fois à sa hauteur, Astoria lui dit:

    "J'ai cours, est-ce que je peux te voir après?"

    Un peu étonné, Angus ne pouvait, cependant, ne pas refuser. Astoria voulait lui dire quelque chose et même s'il avait un mauvais pressentiment, il n'allait pas lui répondre qu'il ne voulait pas la voir. C'était totalement idiot. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de penser au petit sourire d'Astoria. 

     

    Après son cours, Astoria arpentait les couloirs de Poudlard d'un pas lent. Elle réfléchissait. Que pouvait-elle dire à Angus? Cette questions l'avait tracassée la nuit dernière et durant toute la matinée. La panique s'empara de ses pensées quand elle vit Angus au  bout couloir. Le Poufsouffle était assis sur le rebord d'une fenêtre. Il regardait l'extérieur à travers celle-ci. 

    Astoria inspira profondément avant de s'avancer vers lui. Elle tentait, comme elle pouvait, de faire un peu d'ordre dans sa tête pour construire, une fois en face des lui, des phrases qui aient du sens. 

    Angus lui sourit quand il l'a vit. Elle aurait préféré ne pas voir son sourire. Elle s'était très vite attachée à lui en peu de temps. Elle était sans doute trop jeune pour discerner ce qu'était qu'aimer réellement quelqu'un. Mais elle tenait fortement à Angus, c'était une chose certaine.

    "Tu en fais une tête... ça ne va pas? demanda-t-il inquiet. 

    Astoria devait se ressaisir.

    -Je suis désolée, Angus.  

    Le sorcier fronça les sourcils.

    -Désolée de quoi ? 

    -Je ne peux pas être ta petite-amie. En fait, je ne veux plus rien être pour toi. 

    Elle ne savait pas par quel miracle ces mots avaient réussi à sortir de sa bouche. Angus, en face d'elle perdit toute contenance. Le sorcier blond ne s'attendait pas tout à cette déclaration. 

    -Pourquoi ? finit-il par balbutier d'une voix encore sous le choque. 

    -Tu es un né-moldu. Voilà pourquoi."

    Elle ne serait pas permise de le nommer Sang-de-Bourbe. C'était l'insulter en lui disant cela et elle ne pouvait pas le faire. Elle venait déjà de parler comme un automate. Astoria profita de l'étonnement et du choque d'Angus pour tourner les talons et s'enfuir en courant. Le garçon ne tenta pas de la rattraper. Il la regarda s'éloigner, dépité. Il connaissait assez la petite Greengrass pour savoir que ce n'était pas la vraie raison qui l'avait poussé à le laisser tomber. Il pensa au mauvaises farces que les Serpentards lui jouaient. 

    Alors qu'elle courant dans les couloirs en direction des cachots, Astoria sentit des larmes coulaient sur ses joues. Elle ne voulait pas pleurer, surtout pas en publique. Si elle devait verser des larmes, cela serait sous sa couverture, à l'abris des regards. Elle s'arrêta devant la porte de sa salle commune. D'un revers de manche, Astoria essuya les quelques larmes qui perlaient encore sur ses joues. Elle inspira profondément de nouveau pour la seconde fois avant de pousser la porte. Ce ne fut pas une surprise de voir, assise sur un divan sa soeur. Daphné avait un petit sourire triomphant. Elle savait que sa soeur avait cédé à son "conseil" en voyant le regard empli de haine que lui lançait Astoria. 


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