• Chapitre 10

    Grand, un air hautain, arrogant, des cheveux noirs, une peau hâlée, des yeux plus sombres que du charbon... Voilà ce à quoi ressemblait Tybalt lorsqu'on le regardait au premier regard. Physiquement, Avalon et lui avaient bien peu de points commun... Et même aucun. 

    Enfin... pour la toute première fois, Avalon faisait face à l'homme auquel on l'avait fiancée. Cet homme à l'autre bout du monde... Ce monde qu'elle ne connaissait pas. Ils se faisaient face mais, dans un premier temps, aucun des deux ne dit le moindre mot. Avalon et Tybalt se fixaient, se jaugeaient. Si c'était dur pour Avalon, cette situation n'était pas non plus la meilleure pour Tybalt. On allait marier à ce jeune homme une femme qu'il n'avait jamais vu auparavant. Tybalt ne dit aucune parole. Il détourna son regard de celui de sa fiancée et fit quelques pas pour s'éloigner d'elle. Avalon le suivit du regard. Quel étrange  personne. Rapidement, Avalon le perdit de vue. Il y avait une trop grande foule qui se pressait autour d'elle. Une vraie marée humaine.  Des yeux curieux dévisageaient Avalon... des milliers d'yeux curieux. La jeune femme se sentait de plus en plus mal à l'aise. Elle chercha Kerdélia pour venir se placer près de sa présence rassurante. 

    On fit monter Avalon dans une calèche conduite par un animal des plus étonnant: une sorte d'énorme crocodiles. Jamais Avalon n'avait vu d'animal plus repoussant! Il avait des yeux des de carnassiers, de grosses écailles vertes, un long museau avec des dents atrocement immenses et dangereusement pointues. En le regardant, Avalon eut des frissons qui lui parcoururent le dos. Elle monta dans la calèche en évitant de trop regarder l'étrange animal qui la faisait avancer. Dans le véhicule, Avalon se trouvait en compagnie de Kerdélia et Méréditha. Elle avait pensé que Tybalt serait avec elle mais non. 

    "Et bien cette arrivée c'est bien mieux passée que je l'avais imaginée", soupira de soulagement la native de cette île. 

    Avalon ne savait pas vraiment si cette arrivée avait été sans encombre. Peut-être qu'on avait entendu d'elle qu'elle dise quelque chose. Elle avait gardé le silence. Elle se sentait comme un animal de foire qu'on présentait à une foule de curieux. Au moins, dans cette calèche, elle s'était dérobée aux paires d'yeux qui la fixaient. 

    Dans la calèche, Avalon était assise à côté d'une fenêtre. Elle regardait le paysage qui défilait. Une ville... La calèche traversait une ville. Avalon avait les yeux grands ouverts. Elle ne voulait rater aucune miette de ce paysage. Est-ce que toutes les villes de Red Harenae ressemblaient à celle-ci? Un vrai désert... Les maison avait l'air d'être faite dans une sorte de sable solide. Le sol était sec et poussiéreux. La pavés sur lesquels le véhicule roulait étaient vieux et abîmés. Dans le ciel, il n'y avait aucun nuage. Un Soleil de plomb faisait déferler sa chaleur sur l'île. Même à l'intérieur de la calèche, Avalon suffoquait. 

     

    Le véhicule s'arrêta devant un escalier immense au bout duquel se trouvait un manoir d'un taille tout à fait démesurée. Là encore, un comité d'accueil était présent. Une foule de personnes était présente pour observer cette étrange créature qu'on avait ramené du nord. Et voilà.... encore cette impression d'être une bête de foire... Avalon commençait à croire qu'elle allait devoir s'accoutumer à cela. Toutes les personnes qui se trouvaient au port étaient, elles aussi, montaient dans des calèches. Afin de ne pas faire de bêtise, Avalon resta à côté de Méréditha, imitant tout ce qu'elle faisait... C'est-à-dire rien. Avalon observa les occupants des autres calèches descendre de celles-ci. Elle remarqua notamment Tybalt et son père. 

    L'homme commença à monter les marches et Tybalt le suivit. Ils furent suivis par un certain nombre de personnes semblant respecter un ordre très précis. Méréditha donna un petit coup de coude à Avalon en faisant un pas. Apparemment, c'était leur tour de gravir les marches. Avalon lui emboîta le pas. Elle avait le regard rivé devant elle. La montée lui parut durer une éternité. Elle ne voyait pas le sommet de cet escalier. Dès qu'Avalon monter une marche, elle avait l'impression qu'elle devait en gravir le double. 

     

    Enfin arrivée en haut des escaliers, Avalon fut étonnée de ne plus voir personne. En effet, toutes celles qui étaient arrivées avant elle ne se trouvaient pas là. Devant la tête qu'elle faisait, Méréditha décida de prendre la parole.

    "Tu ne pensais pas que tout le monde allait t'attendre? Pour l'image, tu es accueillie en grandes pompes. Officieusement, ta place est encore à asseoir."

    Formidable! Encore une pluie de bonnes nouvelles pour Avalon qui avait déjà le mal du pays. En marchant quelques pas en avant, Avalon remarqua la présence d'Erold qui les attendait près d'une porte. Elle se dirigea dans sa direction et il inclina respectueusement la tête quand elle arriva à sa hauteur. 

    "Je suis chargé de vous montrer vos appartements. Suivez-moi."

    Avalon lui emboîta le pas, ravie de quitter la présence de Méréditha qui partit dans une autre direction. Avalon et Erold pénétrèrent dans un grand hall. Des serviteurs faisaient le ménage. Avalon tournait la tête dans tous les sens pour observait ce qui l'entourait. Dans une ancienne époque, on aurait dit que la décoration de ce lieu avait quelque chose d'orientale. 

    Depuis plusieurs minutes, Avalon avait mal à la tête. Elle avait l'impression que cette dernière tournait et ce mal venait de soudainement s'intensifier. Sans crier gare, Avalon s'écroula en perdant connaissance. 


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